Bœuf bourguignon allégé : la recette pas à pas pour savourer ce classique sans culpabiliser
La cocotte qui embaume la cuisine, la viande qui se détache à la fourchette, la sauce que l’on partage autour de la table… Le bœuf bourguignon a tous les atouts du plat réconfortant. Sa richesse dépend cependant beaucoup de la recette : morceaux employés, quantité de lardons, matières grasses ajoutées et accompagnement.
L’idée n’est pas d’en faire un plat « minceur », mais de conserver ses saveurs en ajustant quelques gestes. Voici comment le préparer, avec une recette complète pour quatre convives.
Choisir une viande à mijoter et retirer le gras visible
Demandez à votre boucher du paleron ou de la macreuse à braiser, en précisant que vous souhaitez un morceau bien paré. Retirer les parties grasses visibles permet de limiter les apports en lipides, sans supprimer le tissu conjonctif qui contribue au fondant.
Pendant une cuisson longue et humide, le collagène se transforme progressivement en gélatine. Inutile, donc, d’ajouter beaucoup de matière grasse pour obtenir une viande tendre. En revanche, une ébullition trop forte et un manque de liquide peuvent compromettre le résultat.
Dans cette version, les lardons disparaissent au profit des champignons. Les oignons, les carottes, l’ail et les aromates apportent le reste des saveurs.
La recette complète du bœuf bourguignon plus léger
Pour 4 personnes
Préparation : 25 minutes
Cuisson : environ 3 heures, à prolonger si nécessaire
Matériel : une cocotte à fond épais avec couvercle
Les ingrédients
- 800 g de paleron ou de macreuse à braiser, bien dégraissés ;
- 400 g de carottes ;
- 250 g de champignons de Paris ;
- 2 oignons ;
- 2 gousses d’ail ;
- 50 cl de vin rouge de Bourgogne, ou d’un autre vin rouge sec ;
- 25 cl de bouillon de bœuf ou de légumes, dégraissé et peu salé ;
- 1 cuillère à soupe d’huile d’olive ;
- 1 cuillère à café de concentré de tomates ;
- 2 branches de thym ;
- 1 feuille de laurier ;
- 10 à 15 g de fécule de maïs, uniquement si la sauce nécessite une liaison ;
- 3 cuillères à soupe d’eau froide pour délayer la fécule ;
- du poivre et un peu de sel, à ajuster en fin de cuisson.
1. Préparer les ingrédients
Coupez la viande en cubes réguliers de 4 à 5 cm et épongez-les avec du papier absorbant. Épluchez les carottes, puis découpez-les en rondelles épaisses.
Émincez les oignons, hachez l’ail et nettoyez les champignons avant de les couper en deux ou en quatre selon leur taille. Réservez les légumes séparément.
2. Faire dorer la viande
Chauffez l’huile dans la cocotte, sans la faire fumer. Faites colorer les cubes de bœuf en deux ou trois fois : ils doivent dorer, pas s’entasser et bouillir dans leur jus.
Retournez-les pour colorer plusieurs faces, puis réservez-les dans un plat. Conservez les sucs au fond de la cocotte, sans les laisser brûler.
3. Préparer la base aromatique
Baissez légèrement le feu et faites revenir les oignons pendant 3 à 4 minutes. Si le fond accroche, ajoutez une ou deux cuillères à soupe d’eau plutôt que de remettre de l’huile.
Incorporez l’ail et le concentré de tomates. Mélangez pendant une minute.
4. Ajouter le vin et le bouillon
Versez le vin rouge en grattant doucement le fond avec une spatule pour décoller les sucs. Laissez frémir 2 à 3 minutes.
Remettez la viande et son jus dans la cocotte. Ajoutez le bouillon, le thym, le laurier et du poivre. Le liquide doit presque atteindre le haut des morceaux : complétez avec un peu d’eau chaude si nécessaire.
5. Laisser mijoter doucement
Couvrez et laissez cuire à feu très doux pendant environ 2 heures. Le liquide doit à peine frémir. Vérifiez de temps en temps qu’il en reste suffisamment et mélangez délicatement.
Vous pouvez également placer la cocotte couverte dans un four préchauffé à 140 °C, si elle est compatible avec ce mode de cuisson.
6. Incorporer les légumes
Ajoutez les carottes et poursuivez la cuisson pendant 45 minutes à une heure. Incorporez les champignons pour les 25 à 30 dernières minutes.
La viande est prête lorsqu’une fourchette y pénètre facilement. Si elle résiste encore, poursuivez le mijotage : la tendreté compte davantage que le respect strict du chronomètre.
7. Ajuster la sauce
Retirez le thym et le laurier. Si la sauce est suffisamment nappante, inutile de l’épaissir.
Sinon, délayez d’abord 10 g de fécule dans l’eau froide, puis versez progressivement dans la sauce frémissante en mélangeant. Laissez épaissir 2 à 3 minutes. Ajustez la quantité si nécessaire, puis goûtez avant de saler.
L’astuce de la veille : dégraisser après refroidissement
Préparer le bourguignon la veille permet de retirer facilement une partie des graisses qui se solidifient en surface au réfrigérateur. Réalisez alors la liaison à la fécule seulement après le réchauffage, si elle reste nécessaire.
Ne laissez pas la cocotte refroidir toute une nuit sur le plan de travail. Répartissez le plat dans des récipients peu profonds pour accélérer son refroidissement et placez-les au réfrigérateur au plus tard deux heures après la préparation, dans une zone maintenue entre 0 et 4 °C.
Le lendemain, retirez la couche de graisse avec une cuillère, puis réchauffez doucement jusqu’à ce que l’ensemble du plat soit bien chaud.
Peut-on préparer une version sans alcool ?
Une longue cuisson réduit la quantité d’alcool, mais ne permet pas de garantir son élimination complète. Si vous devez l’éviter totalement, ne comptez pas uniquement sur le mijotage.
Pour une version de bœuf mijoté sans vin, remplacez les 50 cl de vin par 50 cl supplémentaires de bouillon peu salé, soit 75 cl au total. Le goût sera différent, mais les aromates, les champignons et la coloration initiale donneront du caractère à la sauce.
Quel accompagnement choisir ?
Des pommes de terre vapeur, une purée de céleri peu enrichie ou une portion de pâtes conviennent très bien. Vous pouvez aussi augmenter la part de légumes selon votre appétit.
Sans lardons ni beurre ajouté, cette recette limite les matières grasses ajoutées. En revanche, son apport calorique dépend du morceau de viande, de la portion et de l’accompagnement : impossible de promettre une valeur précise sans calcul nutritionnel détaillé.
Le bourguignon reste un plat de viande rouge, à intégrer dans une alimentation variée. Le repère français recommande de ne pas dépasser 500 g de viande hors volaille par semaine.
Sources
- USDA, Table de rétention des nutriments et de l’alcool selon les modes de préparation.
- Ministère de l’Agriculture, Cuisine à domicile : les bons gestes d’hygiène.