Audition : le massacre des décibels
Publié le 13 Novembre 2002 par Dr Sylvie Coulomb

L'excès de bruit fait courir le risque de séquelles définitives

Il s'agit de la surdité (ou hypoacousie), des acouphènes ou encore de l'hyperacousie.

La surdité est due à une destruction des cellules ciliées de l'oreille interne par une puissance sonore très élevée. Les sons aigus sont les plus dangereux et ce sont les fréquences aiguës de l'audition qui sont touchées en premier. Si la baisse d'acuité auditive concerne des fréquences inférieures à 4.000 Hz, c'est alors la compréhension de la parole qui devient difficile...

Les acouphènes correspondent à des sifflements ou des bourdonnements d'oreille permanents, entendus dans l'oreille ou dans la tête d'un seul ou des deux côtés, en l'absence de source sonore extérieure. Ce ne sont pas des hallucinations auditives, même si le plus souvent la personne est la seule à entendre ces « bruits ». Ils correspondent à l'émission d'un signal nerveux anormal au niveau des voies auditives, signal interprété comme un son lorsqu'il atteint le cerveau. Ils peuvent prendre des formes très variables : sifflements, tintements, bourdonnements, etc. Bien évidemment, leur degré de tolérance est fonction de leur intensité, sachant que la fatigue, l'angoisse ou la contrariété les accentuent.

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L'hyperacousie désigne une intolérance aux bruits : c'est percevoir les sons plus élevés qu'ils ne le sont en réalité. Elle est souvent due à un traumatisme auditif et peut être associée à des acouphènes.

Si ces symptômes (acouphènes, hyperacousie, surdité) sont normalement plus fréquents chez les adultes en deuxième moitié de vie, les données récentes montrent que malheureusement le nombre de jeunes adultes atteints est en augmentation significative.

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Il faut réagir sans attendre !

Si vous pensez avoir subi un traumatisme sonore, précipitez-vous aux urgences les plus proches. Il faut savoir que, traité dans les 24 heures suivant le traumatisme, les chances de récupération totale sont plutôt bonnes. Mais après 3 jours, elles sont plus limitées et après 3 semaines, les chances d'amélioration deviennent vraiment faibles.

A l'heure actuelle, seul un traitement comprenant des perfusions de vasodilatateurs et de corticoïdes, associé au repos permet de récupérer, au moins partiellement, d'un traumatisme auditif. Ce traitement nécessite une hospitalisation de 6 à 10 jours.

En ce qui concerne les acouphènes, le traitement est limité et d'efficacité aléatoire. Les médicaments se limitent aux vasodilatateurs et oxygénateurs périphériques, et aux anxiolytiques, d'efficacité variable. Ils constituent néanmoins une aide précieuse, en particulier dans les premiers mois qui suivent la survenue de ce symptôme. En cas de surdité associée à des acouphènes, les prothèses auditives peuvent supprimer le bruit parasite en amplifiant les sons environnants. La technique de « l'habituation de l'acouphène » consiste en une « déprogrammation » du cerveau de façon à aboutir progressivement à un oubli des acouphènes ; il s'agit dans ce cas de neutraliser la composante émotionnelle de l'acouphène. Les thérapies comportementales et cognitives permettent également de diminuer la gêne ressentie dans de nombreux cas. Enfin, des améliorations notables peuvent être obtenues par les médecines dites alternatives (sophrologie, hypnose, yoga, acupuncture ou homéopathie).

Source : L'audition. Collection " Que sais-je ? ". Le bruit. Collection " Les classiques santé ". Editions Privat. Association de Prévention des Traumatismes Auditifs : http://apta.fr.tm