Arthrose : régénérer le cartilage n’est plus de la Science-fiction

© Istock

Reconstruire le cartilage pour retrouver la mobilité de l’articulation. Un espoir encore impensable il y a quelques années pour les millions de personnes touchés par l’arthrose. Des chercheurs français ont non seulement régénéré du cartilage mais aussi -et c’est essentiel pour la solidité de l’ensemble- l’os abimé sous-jacent. 

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Bientôt du cartilage sur mesure ?

Le cartilage permet le glissement entre deux extrémités osseuses. Lorsqu’il finit par être totalement détruit comme dans l’arthrose, l’os sous-jacent (appelé os sous-chondral) est en danger. La mobilité de l’articulation devient problématique et très douloureuse. Deux solutions existent : les prothèses ou les injections dans l’articulation de ses propres cellules de cartilage (chondrocytes), souvent peu satisfaisantes.

Ces nouveaux implants promettent de régénérer une articulation abimée. La seule reconstruction du cartilage ne serait pas suffisante pour la stabilité de l’articulation.

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Un implant double effet

L’implant est doté de deux compartiments. Le premier, qui doit régénérer l’os, est une membrane tissée extrêmement fine contenant des réservoirs microscopiques (nanoréservoirs) remplis de facteurs de croissance, ces molécules qui induiront la multiplication des cellules osseuses.

Le second, qui doit régénérer le cartilage, est une couche formée de molécules gonflées d'eau (hydrogel) contenant des cellules souches prélevées dans la moelle osseuse du patient. Celles-ci se transformeront soit en cellules osseuses soit en cellules cartilagineuses.

Cet implant nouvelle génération, très prometteur chez l’animal, est déjà breveté et sera testé chez l’homme dès les financements obtenus.

Dr Nadia Benkirane-Jessel, directrice de l’Unité 1109 « Nanomédecine régénérative ostéoarticulaire et dentaire » Inserm/Université de Strasbourg : « Ces essais seront conduits chez trente personnes ayant des lésions du genou en France, Angleterre et Espagne. L’implant sera mis en place au cours d’un seul acte chirurgical. Telle un patch, la membrane de nanoréservoirs est déposée en premier sur l’articulation lésée, puis on y ajoute les cellules souches. Ces essais nous permettront de sophistiquer la technique et de vérifier son efficacité sur le long terme ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Vendredi 10 Juin 2016 : 17h45
Mis à jour le Mercredi 15 Juin 2016 : 10h46
Source : Trends in Biotechnology http://dx.doi.org/10.1016/j.tibtech.2016.05.008 6 juin 2016.
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