Alzheimer : cette molécule des sportifs pourrait aider la mémoire
Longtemps associée aux sportifs et aux salles de musculation, la créatine pourrait aujourd’hui intéresser un tout autre domaine : celui de la santé cérébrale. Face à l’augmentation des cas de maladie d’Alzheimer et au vieillissement de la population, les chercheurs explorent de nouvelles pistes capables de soutenir l’énergie des neurones avant l’apparition d’un déclin trop avancé.
Une récente étude clinique menée chez des patients atteints d’Alzheimer précoce relance ainsi l’intérêt pour cette molécule naturellement présente dans notre organisme. Les scientifiques cherchent désormais à comprendre si elle pourrait aider le cerveau à mieux résister au manque d’énergie observé dans les maladies neurodégénératives.
Le cerveau humain consomme environ 20 % de l'énergie totale du corps, bien qu'il ne représente que 2 % de sa masse. Un déficit d'énergie cellulaire constitue l'un des premiers signes de neurodégénérescence. Historiquement associée au monde de la musculation, la créatine se positionne aujourd'hui comme un stimulant cognitif potentiel face au déclin de la mémoire.
Protocole de l'expérimentation clinique
L'équipe du chercheur Matthew Taylor a mené cette étude sur vingt patients diagnostiqués avec la maladie d’Alzheimer à un stade précoce ou modéré. Le protocole repose sur l'administration quotidienne de 20 grammes de créatine monohydrate, répartis sur huit semaines. L'objectif cherchait à évaluer si cet apport exogène pallie les déficits énergétiques observés dans les cerveaux affectés. La créatine est naturellement produite par le corps à hauteur de 1 à 2 grammes par jour, mais ses réserves cérébrales diminuent avec l'âge et la maladie.
Amélioration des performances mémorielles
Les examens par spectroscopie par résonance magnétique valident une hausse effective du taux de créatine dans les tissus cérébraux. Les participants affichent une hausse significative des scores aux tests neuropsychologiques ciblant la mémoire à court terme et la capacité de rappel. La molécule agit comme un "tampon" d’énergie, maintenant l'activité neuronale. Une alimentation riche en viande rouge ou en poisson apporte de la créatine, mais n'atteint pas les dosages thérapeutiques évalués dans cette recherche.
Action protectrice sur les neurones
Le cerveau touché par Alzheimer subit un hypométabolisme, se traduisant par une incapacité à utiliser le glucose pour générer de l'énergie. La créatine intervient en facilitant la synthèse de l'adénosine triphosphate (ATP), indispensable au fonctionnement des synapses. Ses propriétés antioxydantes limitent le stress oxydatif, un facteur accélérant la destruction des neurones. Ce repositionnement thérapeutique de la molécule s'impose comme un changement majeur de la nutrition médicale récente.
Limites de l'étude et précautions médicales
Cette étude pilote reste restreinte avec seulement 20 patients, empêchant une généralisation immédiate. Les professionnels de santé fixent plusieurs conditions avant de valider ce traitement :
- Des essais de phase III : Des études sur un échantillon plus vaste sont requises pour confirmer ces premiers résultats sur le long terme.
- La surveillance rénale : La créatine à haute dose exige un suivi strict pour prévenir tout dysfonctionnement des reins chez les seniors.
- L'efficacité selon le stade : Les recherches doivent déterminer si la molécule agit aux stades avancés de la maladie ou uniquement en prévention.
Consultez immédiatement un professionnel de santé avant toute supplémentation, l'automédication présentant des risques importants.