Allergies respiratoires, pensez à l’immunothérapie !
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1% des allergiques accèdent à la désensibilisation

En 2016, seuls 1% des personnes bénéficient de la désensibilisation, alors que plus de 10% des allergiques pourraient y prétendre. Tous n’en ont pas besoin, d’une part parce qu’environ 20% n’ont pas de symptômes et que plus de 50% répondent très bien au traitement pharmacologique.

Pr Pascal Demoly, pneumo-allergologue, coordonnateur du département de Pneumologie (CHU de Montpellier) : « Bien que l’indication principale soit les formes sévères résistantes au traitement pharmacologique, même si l’allergie est peu sévère, l’idée est de casser l’histoire naturelle de la maladie. En effet, une personne allergique non diagnostiquée voit son risque d’apparition ou d’aggravation de l’asthme augmenter. Une simple rhinite allergique (éternuements, nez qui coule) peut évoluer vers des complications respiratoires bronchiques sérieuses : 30 % des rhinites non traitées donnent un asthme 10 ans après. Les preuves scientifiques sont là mais les pouvoirs publics exigent des études cliniques en double aveugle contre placebo pour chaque source d’allergènes sur de nombreuses années pour démontrer que cela prévient un asthme ultérieur, ce qui est difficile à justifier du point de vue éthique chez l’enfant. La seule preuve selon ces critères est récente, où il a été démontré que cela prévient l’asthme aux graminées. On n’a jamais imposé de telles règles en pédiatrie dans le diabète, l’épilepsie ou d’autres pathologies. Tout simplement parce que les allergies continuent à être considérées comme de simples "ennuis" ».

Un grand besoin d’innovation

En 2050, la moitié de la population mondiale sera allergique selon l’OMS. La faute au mode de vie (appauvrissement de la biodiversité) moderne actuel avec une cassure très nette dans les années 80 : une personne sur trois née après 1980 est allergique et le nombre de personnes poly-allergiques augmente.

C’est justement parce que l’allergie respiratoire va être réactivée sept à douze ans après une première cure d’immunothérapie que l’on a besoin d’immunothérapies du futur. De plus, des essais sont en cours dans l’eczéma/la dermatite atopique, les allergies alimentaires ainsi que dans les poly-allergies.

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Source : D’après l’interview du Pr Pascal Demoly, pneumo-allergologue, coordonnateur du département de Pneumologie au CHU de Montpellier, chercheur Inserm UMR-S 1136 (Institut Pierre Louis d'Epidémiologie et de Santé Publique) et UPMC Paris 6 - Sorbonne Universités), à l’occasion de sa présentation à l’Académie Nationale de Médecine (29 mars 2016)