Alcool à l'adolescence, cerveau moins performant à l'âge adulte ?

L'alcool consommé sans modération par les adolescents pourrait abîmer leur cerveau de manière irréversible. Il pourrait les entraîner à prendre des risques inconsidérés toute leur vie durant. C'est une hypothèse avancée suite à une recherche chez l'animal.
Publicité

L'alcool perturberait le fonctionnement cérébral chez les adultes

Les personnes qui ont abusé de l'alcool finissent, avec les années, par avoir des problèmes de fonctionnement cérébral, en particulier lors de la prise de décisions complexes. Leur cerveau a des difficultés à évaluer si une prise de risque est ou non acceptable. Mais on ne sait pas quel est l'élément de départ de ce problème. L'alcool représente-t-il une béquille pour les personnes en difficulté psychique ? Ou bien est-ce l'effet de l'alcool qui perturbe l'évaluation des risques et la prise de décisions ?

Publicité
Publicité

Des rongeurs adolescents ont servi d'étude pour les comportements

A l'université de Seattle, des chercheurs ont choisi comme modèle d'étude des rats adolescents. Les animaux qui reçoivent de l'alcool de manière chronique sont par la suite handicapés en ce qui concerne leur capacité à évaluer la probabilité d'événements à venir. En clair, quand on donne à des rats la possibilité d'accéder à de la nourriture, leur comportement, normalement s'adapte. Ils préfèrent habituellement ne pas prendre trop de risques et recevoir moins de nourriture s'il existe une forte chance de l'obtenir. Les rats qui ont été alcoolisés pendant leur adolescence, eux, choisissent de prendre un maximum de risques si la récompense en nourriture est plus abondante... Même si la probabilité est très faible pour qu'ils réussissent à l'obtenir. Au total, les rats qui n'ont jamais été alcoolisés parviennent à se nourrir beaucoup mieux que les autres. Les rats alcoolisés pendant l'adolescence semblent fantasmer sur des récompenses irréalistes et cela dure toute leur vie, même longtemps après l'arrêt de l'alcool.

 
Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 22 Mars 2010 : 01h00
Source : N. A. Nasrallah et col, Long-term risk preference and suboptimal decision making following adolescent alcohol use, Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 106 (41) :17600-4, 2009.