Aide auditive : la fin des idées fausses

L'ouïe est un sens bien trop précieux pour prendre le risque de la voir diminuer sans rien faire. Alors pourquoi si peu de personnes sont appareillées alors qu'un Français sur deux présente des troubles de l'audition ? Quels sont les freins au port d'une aide auditive ? Quelles sont les solutions ? Gilles Coscas, audioprothésiste, répond concrètement à ces questions.
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Encore peu de personnes sont appareillées. Pourquoi ? Quels sont les inconvénients ? Quelles sont les idées fausses autour des aides auditives ? Gilles Coscas : Les freins à l'acquisition d'aides auditives sont principalement de trois ordres :

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  • Freins psychologiques : mauvaise perception de l'appareillage dans la société ou de soi-même.
  • Freins économiques ou financiers : le prix moyen d'une aide auditive varie de 900 à 2000 . Il comprend la prestation d'appareillage, puis le suivi durant toute la durée de vie de l'appareil, c'est-à-dire l'entretien, les examens et la nouvelle adéquation lors des évolutions de la surdité (toutes les consultations sont comprises dans le prix d'achat de l'appareil).
  • Freins esthétiques.Les idées fausses sont principalement : appareils gros, chers, mauvais résultats et "finira dans le tiroir". Pour combattre ces idées reçues, il faut se faire équiper par des centres où l'on vous propose des essais d'appareils sur une durée allant de trois semaines à un mois, afin de pouvoir tester en milieu sonore habituel l'appareillage proposé. Cet essai peut être payant, mais il est compris dans le prix de vente en cas d'acquisition.

Quelles sont les dernières évolutions en matière de prothèse auditive ? Gilles Coscas : L'évolution la plus notable concerne l'appareillage "ouvert". Il convient particulièrement à la presbyacousie débutante, laquelle est très invalidante au niveau de l'intelligibilité dans les réunions de travail, de famille, dans les restaurants, etc. Très confortable et discret, ou au design soigné, il convient parfaitement aux personnes actives.Le micro-contour avec écouteur déporté dans le conduit auditif est aussi une solution à la fois discrète, puissante et performante.

Selon vous, comment inciter les malentendants à s'appareiller ? Gilles Coscas : L'appareillage doit s'envisager lors des premières manifestations de gêne sociale, au cours des réunions, des dîners, à l'écoute de la télévision, ou lorsque l'on se met à faire répéter ses interlocuteurs. Afin de limiter l'amenuisement de la dynamique résiduelle de l'oreille (écart entre les sons fortement perçus et faiblement perçus), il est conseillé de procéder à l'appareillage de façon précoce. C'est la meilleure garantie de résultats probants.

Publié le 19 Mars 2007
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr