Agression par soumission chimique : savoir pour prévenir

Publié par Rédaction E-sante.fr le Lundi 04 Juin 2007 : 02h00
Selon l'enquête annuelle, les jeunes femmes restent les principales victimes de soumission chimique à des fins d'agression sexuelle. Elles doivent également être averties sur le fait que la consommation volontaire d'alcool ou de cannabis accentue les effets des substances psychoactives administrées par les agresseurs…
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"La soumission chimique se définit comme l'administration de substances psychoactives, à l'insu de la victime, à des fins criminelles ou délictuelles". Les substances psychoactives étant susceptibles de modifier l'état de conscience et le comportement, elles peuvent effectivement faciliter toutes sortes d'agression : vol, violence volontaire, viol, acte de pédophilieDans un but de prévention et pour améliorer la prise en charge des victimes, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a mis en place dès 2003 une enquête nationale. Chaque année, les résultats permettent d'améliorer les connaissances sur cette pratique : identification des substances utilisées, évaluation des effets, contexte des agressions, identification des agresseurs, etc. Les résultats 2005-2006 viennent d'être publiés. Entre avril 2005 et mai 2006, 316 cas de soumissions chimiques ont été enregistrés.

La soumission chimique avérée

Dans 94 cas, la substance psychoactive a été identifiée par analyse, ce qui ne laisse aucun doute sur l'acte de soumission chimique. Quelles sont les substances utilisées ?Les substances les plus fréquemment utilisées sont des médicaments anxiolytiques et hypnotiques, le plus souvent ajoutés à des boissons alcoolisées ou non. Dans 35% des cas, les victimes avaient volontairement absorbé de l'alcool, dans 13% des cas du cannabis et dans 26% des cas les victimes prenaient un traitement psychoactif. Ces trois substances sont susceptibles d'accentuer les effets de la substance employée par l'agresseur. Quels sont les effets ?Les symptômes les plus fréquemment rapportés par les victimes sont les suivants :

  • perte de mémoire,
  • troubles de la vigilance,
  • lésions traumatiques,
  • troubles de la vue.

Qui sont les victimes ?

  • Les victimes ont en moyenne 33 ans, mais dans 16% des cas il s'agit de personnes mineures, une proportion en hausse.
  • Ce sont majoritairement des femmes (66%),
  • Les agressions sont essentiellement sexuelles (43%), les vols arrivant juste ensuite (38%).
  • Les femmes sont davantage victimes de viol et les hommes de vol.
  • Les agressions peuvent se dérouler aussi bien au domicile de la victime ou de l'agresseur, qu'en milieu festif.
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Les autres cas

Dans 98 cas, l'agression ne répondait pas strictement à la définition de soumission chimique car les substances étaient ingérées sous la menace (notamment des personnes âgées ou des femmes contraintes d'absorber le produit) ou volontairement (alcool, médicaments, cannabis ou autres drogues : l'agresseur profite alors de la situation). Ces agressions ont été majoritairement sexuelles. Dans les 129 cas restants, la soumission chimique a été suspectée mais n'a pas pu être prouvée (soit dans plus de 40% des cas enregistrés).En conclusion, les femmes jeunes restent les principales victimes de soumission chimique à des fins d'agression sexuelle, mais le nombre de victimes mineures tend à augmenter. Il convient de mettre en garde contre les effets malsains de la double consommation, volontaire et non volontaire, en ce sens que la prise d'alcool ou le cannabis accentuent les effets des substances administrées par l'agresseur.

Publié par Rédaction E-sante.fr le Lundi 04 Juin 2007 : 02h00
Source : Communication de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) du 29 mai 2007.
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