Agathe Auproux : pourquoi une prise de sang normale n’exclut pas un lymphome

Publié par Freya Yophy
le 30/10/2026
AGATHE
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Agathe Auproux est revenue en octobre 2026 sur le diagnostic de son lymphome, révélé publiquement en 2019. Son témoignage rappelle qu’une fatigue persistante ou des ganglions gonflés méritent une évaluation médicale, même lorsque les premières analyses sanguines semblent rassurantes.

En mars 2019, Agathe Auproux annonçait être atteinte d’un lymphome, alors qu’elle suivait déjà une chimiothérapie. Elle avait 27 ans lors de cette annonce publique. Quelques mois plus tard, en juin, elle faisait part de sa rémission complète.

Le 15 octobre 2026, la journaliste est revenue sur cette période dans l’émission Tout beau, tout n9uf. Selon son témoignage rapporté par 20 Minutes, elle attribuait initialement son épuisement à son rythme professionnel. Elle souligne le rôle du médecin généraliste Ange Hanouna, qui avait poursuivi les investigations malgré des examens précédents peu concluants.

Il s’agit donc d’un retour sur son parcours, et non de l’annonce d’un nouveau cancer.

Quels symptômes peuvent évoquer un lymphome de Hodgkin ?

Le lymphome de Hodgkin est un cancer du système lymphatique, qui participe aux défenses immunitaires. Il se manifeste souvent par l’augmentation persistante du volume d’un ou plusieurs ganglions, généralement indolores.

Ces ganglions peuvent être perceptibles dans le cou, au-dessus des clavicules ou sous les aisselles. D’autres sont situés plus profondément, notamment entre les poumons, et ne peuvent pas être repérés par une simple palpation.

Selon l’Institut national du cancer, une fatigue inhabituelle qui persiste, une fièvre inexpliquée, un amaigrissement ou des démangeaisons peuvent également accompagner la maladie.

Ces manifestations ne sont pas spécifiques d’un cancer. Un ganglion gonflé peut notamment être lié à une infection. Ce sont sa persistance, son évolution et les symptômes associés qui orientent les investigations.

Que désignent précisément les « signes B » ?

Les médecins utilisent cette expression pour trois manifestations particulières :

  • Une fièvre inexpliquée supérieure à 38 °C.
  • Des sueurs nocturnes abondantes, pouvant obliger à changer de vêtements ou de draps.
  • Une perte de poids involontaire supérieure à 10 % en six mois.

La fatigue et les démangeaisons peuvent être présentes, mais elles ne font pas partie des signes B. Cette distinction intervient dans la classification du lymphome et l’évaluation de la situation, comme l’explique la Fondation ARC.

Des sueurs nocturnes répétées ne suffisent toutefois pas à établir un diagnostic. Elles doivent être interprétées avec l’ensemble du tableau clinique.

Pourquoi une prise de sang peut-elle être rassurante à tort ?

Une numération formule sanguine mesure les différentes cellules présentes dans le sang. Elle peut révéler une anémie ou d’autres anomalies, mais elle peut aussi rester normale chez une personne atteinte d’un lymphome.

L’absence d’anomalie ne permet donc pas d’écarter définitivement cette hypothèse, comme le rappelle une synthèse clinique publiée dans l’European Journal of Haematology.

Cela ne rend pas les analyses inutiles : elles contribuent à évaluer l’état général, les conséquences éventuelles de la maladie et les possibilités de traitement. Mais elles ne remplacent ni l’examen médical ni les investigations complémentaires lorsqu’un symptôme persiste.

La biopsie confirme le diagnostic

Lorsqu’un lymphome est suspecté, le médecin examine les ganglions et recherche d’autres signes. L’imagerie, notamment le scanner et le TEP-scanner, aide à localiser les zones atteintes et à préciser l’extension de la maladie.

La confirmation repose sur une biopsie, c’est-à-dire le prélèvement de tissu ganglionnaire. Le retrait d’un ganglion entier est privilégié lorsque cela est possible ; les modalités sont adaptées à son emplacement.

Un anatomopathologiste analyse ensuite les cellules et leurs caractéristiques. Dans les formes classiques du lymphome de Hodgkin, il recherche notamment les cellules de Reed-Sternberg et leurs marqueurs. Cette analyse de la biopsie permet de préciser le diagnostic et de guider le traitement.

Une maladie qui répond souvent bien aux traitements

Le traitement repose principalement sur la chimiothérapie, parfois associée à une radiothérapie. Le choix dépend notamment de l’étendue du lymphome, de l’état de santé et de la réponse aux premières cures.

L’Institut national du cancer indique que le lymphome hodgkinien peut être guéri dans plus de 80 % des cas.

Les données françaises publiées par Santé publique France en 2021 montrent une survie nette standardisée à cinq ans de 87 %, pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015. Cet indicateur statistique ne se confond pas avec un taux de guérison et ne prédit pas le devenir individuel : l’âge, les caractéristiques de la maladie et la réponse au traitement comptent également.

Quand prendre rendez-vous ?

Un ganglion qui persiste plusieurs semaines, grossit ou s’accompagne d’un amaigrissement, de fièvre ou de sueurs nocturnes mérite une consultation. Il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs semaines si d’autres symptômes préoccupants sont déjà présents.

De même, une fatigue qui s’aggrave ou gêne nettement le quotidien justifie d’en reparler au médecin, même après un premier bilan rassurant. L’objectif n’est pas de suspecter un cancer derrière chaque symptôme, mais de ne pas laisser une anomalie persistante sans explication.

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