Acide hyaluronique dans les seins : …pourquoi c'est interdit ?

L'injection d'acide hyaluronique dans les seins a été présentée, lors de son arrivée sur le marché, comme une alternative aux prothèses mammaires. Aujourd'hui interdite en France, elle reste légale en Belgique… Mais tout de même déconseillée.

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De l'acide hyaluronique dans les seins, quel intérêt ?

A première vue, injecter de l'acide hyaluronique dans les seins au lieu d'y implanter une prothèse mammaire présente des avantages. La texture des seins n'est pas trop modifiée. Mais surtout, l'acide hyaluronique est résorbable, ce qui évite les problèmes que les prothèses peuvent poser au fil des ans : perforation, création par l'organisme d'une capsule ou "coque" autour de la prothèse qui devient alors rigide, etc. L'injection d'acide hyaluronique est, en outre, un geste technique beaucoup plus simple que la pose d'une prothèse. Il ne nécessite pas d'anesthésie générale et peut théoriquement être pratiqué dans un cabinet médical.

Quels sont les inconvénients de l'acide hyaluronique ?

  • C'est une solution extrêmement chère puisqu'elle demande l'injection de volumes très importants d'acide hyaluronique. On utilise généralement cette substance pour combler des rides du visage, donc à peine quelques millimètres cube.
  • Malgré cela, le volume maximal que l'on peut injecter reste plus faible que celui d'une prothèse, l'augmentation mammaire sera donc limitée.
  • Tout ce produit n'est pas contenu comme le silicone peut l'être dans la prothèse : il va s'éparpiller dans le sein tout entier. C'est sans danger selon les informations que nous avons à l'heure actuelle. Cependant, le sein reste un organe fragile et à haut risque de cancer. Y disséminer une substance doit faire l'objet de réflexion sérieuse.
  • Et bien sûr, le fait que l'acide hyaluronique soit résorbable suppose que l'on refasse les injections tous les six mois à peu près. Le coût sera donc répété au fil des ans.
Publié le 05 Octobre 2011 | Mis à jour le 20 Janvier 2016
Auteur(s) : Marion Garteiser, journaliste santé
Source : Dr Denis Goldschmidt, ancien président de la Société royale belge de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique