Accouchement : un homme porte plainte contre X après le décès de sa femme et de son bébé

Publié le 15 Janvier 2019 à 12h42 par Rédaction E-sante.fr
Un habitant du Lot-et-Garonne porte plainte contre X pour que la lumière soit faite sur les circonstances du décès de sa femme pendant son accouchement et celui de sa fille, quelques jours plus tard.
© Adobe Stock

Marc d’Angelo veut que "toute la lumière soit faite sur ce qu’[il] pense être une grossière erreur médicale". Cet habitant du Lot-et-Garonne porte plainte contre X auprès du commissariat de Villeneuve-sur-Lot après le décès de sa compagne lors de son accouchement et de leur bébé, quelques jours plus tard. Il témoigne auprès de La Dépêche le 12 janvier 2019.

"Je l’ai vu mourir dans mes bras"

La grossesse de Sandra, la compagne de Marc, se déroule sans encombre. L’accouchement est prévu pour le début du mois de septembre 2018 mais des contractions surviennent dès le mois d’août. Les douleurs persistent jusqu’au 8 septembre mais "sur le monitoring, les données étaient normales" raconte Marc. Le jour J arrive : le couple se rend au Pôle de Santé du Villeneuvois, à Villeneuve-sur-Lot : perfusion, calmant puis péridurale. Selon Marc, c’est après cette anesthésie que les choses se sont compliquées. Sandra se montre alors de plus en plus faible et sa température grimpe à 38,9°C. La petite Giulla naît à l’aide de forceps mais Sandra perd beaucoup de sang : "Elle a extrêmement froid. Il y a du sang partout" témoigne Marc, qui pense alors à une hémorragie interne. "Les médecins s’activent alors, prodiguent un long massage cardiaque. Mais comme elle a perdu beaucoup de sang et que la transfusion n’est pas encore en place, cela ne sert à rien. Pourquoi n’y a-t-il pas des poches de sang immédiatement disponibles dans ce genre de cas. Ce n’est pas normal. Et je l’ai vu mourir dans mes bras" confie-t-il.

"Tous ses organes vitaux étaient atteints"

Le petite fille est transférée au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux mais malgré les soins qu’elle reçoit, elle décède le 11 septembre 2018. En cause : "Un problème dû à l’accouchement et à un manque d’oxygène. Tous ses organes vitaux étaient atteints" raconte Marc. Sans nouvelles des résultats de l’autopsie pratiquée il y a désormais quatre mois, Marc d’Angelo a décidé de porter plainte pour connaitre les circonstances des décès de sa compagne et de sa fille. "J’étais tellement traumatisé que je n’ai pas pu comprendre tout ce que l’on me disait. Tout comme je ne comprends toujours pas qu’une césarienne n’a pas été pratiquée immédiatement. C’est normalement la procédure en cas de complication. Pour moi, il y a une faute professionnelle" affirme-t-il.

85 décès maternels par an en France

En France, les dernières données en date comptabilisent 256 décès maternels entre 2010 et 2012, soit 85 femmes décédées par an, ce qui équivaut à environ 10 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Mais, comme le note l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans un communiqué daté du 22 septembre 2017, "56% de ces décès sont considérés comme 'évitables' ou 'peut-être évitables' et dans 59% des cas, les soins dispensés n’ont pas été optimaux, ce qui témoigne d’une marge d’amélioration".

Source : Sa compagne et son bébé décèdent après l'accouchement : un Lot-et-Garonnais porte plainte contre X, La Dépêche, mis à jour le 13 janvier 2019 
Mortalité maternelle : la baisse amorcée des décès par hémorragie se confirme mais des inégalités demeurent, Communiqué de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 22 septembre 2017