Des virus mangeurs de bactéries au secours des antibiotiques

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Jeudi 25 Février 2016 : 15h44
Mis à jour le Jeudi 25 Février 2016 : 15h45
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On le sait, partout dans le monde, la résistance aux antibiotiques augmente et de plus en plus de patients se retrouvent en impasse thérapeutique. La phagothérapie, qui utilise des virus naturels pour tuer les bactéries, pourrait être une alternative.

La résistance aux antibiotiques augmente

L’antibiorésistance est un enjeu majeur de santé publique. Selon l’étude BURDEN, réalisée auprès de 1950 hôpitaux et publiée l’année dernière par l’Institut National de Veille Sanitaire, 158 000 infections à bactéries multirésistantes sont survenues en France en 2012 dont 16 000 très graves (méningites, septicémies, etc.), 12 500 patients en sont décédés. Environ 65% des cas étaient liés à des staphylocoques dorés, des entérocoques (proches des streptocoques), des colibacilles (escherichia coli) et des entérobactéries (klebsiella pneumoniae). Les antibiotiques ont révolutionné la santé. Mais à force d’en consommer et de mal les utiliser, la résistance s’est développée. Pour Jean Carlet, consultant pour l’Organisation mondiale de la santé, « On a mis moins d’un siècle à torpiller les antibiotiques dont on disposait ».

On ne produit pas de nouveaux antibiotiques

Et pas seulement à l’hôpital avec les maladies nosocomiales. En ville aussi : « Les antibiotiques n’agissent plus sur 50% des souches à gonocoques à l’origine d’infections sexuellement transmissibles », assure le Pr Jérôme Robert du service de bactériologie de l’hôpital de la Pitié Salpetrière à Paris. C’est pareil avec les escherichia coli, pouvant être responsables de diarrhées aigües comme de banales infections urinaires : « Ça va exploser d’ici 10 ans », alerte le spécialiste. En Inde, Chine, Grèce, Italie... le phénomène ne cesse d’augmenter. Le problème est que les firmes pharmaceutiques ne s’intéressent plus aux antibiotiques. « Entre 2008 et 2012, deux nouveaux ont été commercialisés et encore c’était des remake, précise Jean Carlet. A part les anciennes molécules, on n’a pu grande chose pour traiter les malades ».

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Jeudi 25 Février 2016 : 15h44
Mis à jour le Jeudi 25 Février 2016 : 15h45
Source : Colloque « La phagothérapie, une réponse à l’antibiorésistance », organisé à l’Assemblée nationale le 18 février 2016.
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