Trouble de l’attention et hyperactivité : cinq idées reçues sur le TDA/H

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 23 Août 2016 : 10h37
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 16h19

Difficile de dépister les enfants ayant un trouble « déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité » (TDA/H), entre le risque de la stigmatisation et celui de laisser ces enfants en souffrance. Dépistage, prise en charge de ces enfants… comprendre le TDA/H permet d’éviter les nombreux écueils.

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Tous les TDA/H ne se ressemblent pas

Le TDA/H est un syndrome de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité dû à un trouble du développement neurologique. Les enfants les plus difficiles à dépister sont ceux dont le syndrome est très discret car ils n’ont pas la composante "hyperactivité". Parmi les 3,5% des enfants de 6 à 12 ans qui auraient un TDA/H, 45 % d’entre eux présentent une dominante "trouble de l'attention", 36 % une dominante "hyperactivité-impulsivité" et 18 % une combinaison des deux (1).

Dr Dominique Girardon-Grichy, médecin généraliste à Montlignon (95) présidente du groupe de travail de la Haute Autorité de santé des recommandations TDA/H (2) : « Il faut avant tout repérer les trois critères spécifiques au TDA/H : impulsivité-hyperactivité-déficit de l’attention. Deux types de symptômes caractérisent le TDA/H : cognitifs (mémoire de travail, attention, concentration...) et comportementaux (hyperactivité et impulsivité). Ces signes doivent impérativement s’inscrire dans le temps (au moins 6 mois) et dans tous les moments de vie (école, sport, famille, etc.) ».

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Dépistage du TDA/H : 5 erreurs à ne pas commettre

  • Le diagnostic de TDA/H ne peut -en théorie- être posé avant l’âge de 6 ans, même s’il existe de très fortes présomptions. Avant cet âge, il est difficile de faire la part des choses entre un TDA/H et un cerveau encore immature (une maturation neurologique inachevée). Un TDA/H est censé se manifester avant l’âge de 12 ans.
  • Ne pas cataloguer des enfants hyperactifs comme mal-élevés dont les parents seraient démissionnaires et trop permissifs. C’est effectivement le cas de l’enfant hyperactif, mais uniquement dans le milieu familial. Un enfant peut aussi être hyperactif exclusivement à l’école du fait d’un trouble des apprentissages.
  • Ne pas se laisser abuser par un enfant qui peut rester calme, même pendant de longs moments. Cela ne va pas à l’encontre d’un diagnostic de TDA/H.

Dr Girardon-Grichy : « Attention, ça n’est pas parce que l’enfant sera calme et attentif pendant la durée de la consultation médicale qu’il ne souffre pas de TDA/H. Un enfant TDA/H est capable de se tenir tranquille lorsqu’il y a un échange à deux, en l’occurrence avec le médecin. L’attention de l’enfant est alors captée pour une durée limitée, même de 30 minutes. C’est aussi le cas avec les jeux-vidéos car ils sont conçus de telle manière qu’ils éliminent toute source de distraction. L’enfant reste concentré, en dépit de l’existence d’un trouble de l’attention ».

  • Ne pas prendre une dépression pour un TDA/H et vice versa. D’autres troubles peuvent mimer un TDA/H, comme la dépression ou un trouble anxieux. L’hyperactivité peut en effet se rencontrer chez les enfants dépressifs, mais dans ce cas-là les symptômes seront apparus soudainement, au contraire d’une hyperactivité due à un TDA/H, sous-jacente depuis plusieurs mois ou années.

L’hyperactivité se rencontre aussi dans les troubles envahissants du développement (TED). Ces désordres neurologiques sont caractérisés par une distorsion du développement global (interactions sociales, communication verbale ou non, comportements répétitifs, stéréotypés et restreints). Mais ce qui distingue les enfants TED des TDA/H est leur manque d’empathie et de relation aux autres.

  • Passer à côté des troubles associés (comorbidités). Les "troubles Dys", c’est-à-dire les troubles des apprentissages que sont la dyslexie et la dysorthographie pour les troubles spécifiques de l’acquisition du langage écrit, la dysphasie pour le langage oral, la dyspraxie pour développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales ou la dyscalculie pour les activités numériques sont très souvent liés à un TDA/H. Aucune causalité n’a été élucidée à ce jour.
Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 23 Août 2016 : 10h37
Mis à jour le Jeudi 25 Août 2016 : 16h19
Source : D’après un entretien avec le Dr Dominique Girardon-Grichy, médecin généraliste à Montlignon (95) présidente du groupe de travail de la Haute Autorité de santé des recommandations « Conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d’avoir un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité » HAS 2014.
(1) http://www.TDA/H-france.fr/Epidemiologie-du-TDA/H-enFrance-Dr.html; (2) recommandations de la Haute Autorité en Santé 2014, http://www.has-sante.fr/portail
(3) Galera C. Symptômes de l'hyperactivité-inattention dans l'enfance et conduites à risque au jeune âge adulte [thèse] Bordeaux: Université Bordeaux 2 - Victor Segalen; 2010.
* http://www.psychomotricite.com/spip.php?article277
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