Tricheries dans les publications médicales

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 17 Juin 2002 : 02h00
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Vient d'être publié dans une très célèbre revue américaine un article dénonçant la façon dont certains scientifiques présentent les résultats de leurs travaux ! Ils emploient certaines méthodes visant à détourner, tronquer, voir embellir les fruits de leur recherche.

La revue médicale « JAMA » (Journal of the American Medical Association) s'est jetée à l'eau en publiant « un tableau parfois peu flatteur des méthodes utilisées par certains chercheurs et services de presse des grandes revues ».Les méthodes de communication scientifique sont sur la sellette : annonces prématurées, exagérations, passage sous silence de certaines données, etc. Heureusement pour la science médicale, ces accusations ont été formulées par des scientifiques envers certains de leurs collègues, prouvant ainsi qu'il n'en est pas de même dans toute la profession.

Comment détourner à son avantage des résultats scientifiques ?

Lorsqu'une étude est publiée, les communiqués qui l'accompagnent offrent la possibilité à la revue « d'influencer la façon dont la recherche est transformée en information ». Par exemple, l'examen de 127 communiqués accompagnant des études publiées montre que les résultats sont présentés de façon exagérée, les limites de certaines études sont minimisées et les conflits d'intérêt passés sous silence. Sur 359 études publiées entre 1989 et 1998 rapportant des nouveaux traitements, la majorité des communiqués ne cite que les statistiques les plus favorables, détournant ainsi les résultats des travaux.Et enfin, les différentes opinions des auteurs sont rarement toutes citées ; ainsi, certaines interprétations sont simplement censurées.

Et la presse ?

La presse est également montrée du doigt. On lui reproche d'exposer une trop grande quantité de travaux scientifiques et de façon trop précoce. Par exemple, sur les 252 articles de presse examinés, 147 faisaient état de présentations scientifiques lors de congrès. Or trois ans et demi plus tard, seule la moitié d'entre-elles a été publiée. Ainsi, en l'absence de publication dans une revue (seul moyen de valider le sérieux et la pertinence d'une étude), un journaliste se doit d'insister sur le « caractère préliminaire » des travaux. Au final, tout public, médecins comme patients, doivent exiger la publication exhaustive des données et des interprétations, et pour tous nouveaux médicaments, la liste complète des avantages et des risques potentiels.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 17 Juin 2002 : 02h00
Source : JAMA, 2002, n°287, 2769.
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