Téléphone portable et cancer : la grosse déception !

Téléphone portable et cancer : la grosse déception ! Après 10 ans d'attente, les résultats de l'étude Interphone sont enfin publiés. Ils sont très décevants car peu rassurants. Les experts ont échoué à mettre en évidence un lien entre les cancers du cerveau et l'utilisation du téléphone portable. Ce qui signifie également qu'ils n'ont pas réussi à prouver l'innocuité des téléphones sur la santé...

L'usage du téléphone portable augmente-t-il le risque de tumeur du cerveau ?


Les résultats de l'étude Interphone viennent d'être officiellement publiés dans l'International Journal of Epidemiology, soit exactement 10 ans après son lancement par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). À l'origine, ils étaient prévus pour 2004, mais ils ont sans cesse été reculés, tellement les données étaient contradictoires. La conclusion définitive est très décevante, même si on s'y attendait en raison des rumeurs sur les querelles entre les experts.
En effet, cette étude, qui visait à examiner les effets de l'utilisation du téléphone portable sur le risque de cancers cérébraux, n'a pas permis de conclure ni dans un sens ni dans l'autre. Les 12 coordinateurs du groupe d'étude n'ont pas réussi à se mettre d'accord. Certains attestaient l'existence d'un risque accru de gliome (cancer rare du système nerveux) chez les utilisateurs intensifs d'un téléphone portable, par rapport à ceux qui ne l'utilisaient pas ou peu. C'est le cas par exemple des chercheurs francais et suédois. En revanche, d'autres comme au Royaume-Uni trouvent la relation opposée, comme si l'utilisation intensive du portable protégeait du gliome. Pour certains, c'est la preuve de la dangerosité des ondes de radiofréquences, pour d'autres il s'agit d'un biais méthodologique.

Au final, les experts ont échoué à montrer l'existence d'un lien de causalité entre les cancers du cerveau et l'utilisation du téléphone portable.
Pourtant, les moyens ont été développés : l'étude a été menée dans 13 pays*, où un total de 14.000 personnes a été suivi, avec un financement national et européen de 19,2 millions d'euros. À noter que 5,5 millions provenaient des industriels du secteur de la téléphonie, mais pour garantir l'indépendance des chercheurs, les fonds ont transité par l'Union internationale contre le cancer (UICC).

Téléphone portable et cancer du cerveau : une conclusion peu rassurante


Quoi qu'il en soit, la conclusion est peu rassurante. On se demande toujours si oui ou non, les portables sont impliqués dans les tumeurs du cerveau (gliome, méningiome), du nerf acoustique ou de la glande parotide, et ce d'autant plus que, les habitudes téléphoniques, les appareils eux-mêmes et les durées d'appels qui ont été utilisés pour élaborer les protocoles il y a dix ans, ne sont plus en adéquation avec les habitudes téléphoniques actuelles. Les jeunes sont de plus en nombreux à utiliser un téléphone portable, à un âge de plus en plus précoce, et de façon intensive. Quant aux téléphones portables, ils sont moins puissants quant à l'émission des radiofréquences. Bref, une nouvelle étude serait utile... sauf qu'il faudra encore des années et des années avant d'espérer une conclusion !

Article publié par Isabelle Eustache le 25/05/2010
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Sources : Interphone, International Journal of Epidemiology, 18 mai 2010.

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