Et si nous remplacions le devoir par le plaisir ?

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 07 Juillet 2008 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 07 Octobre 2010 : 16h39
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" Je dois faire ceci, je dois faire cela ". Dans notre dialogue intérieur, cette phrase revient souvent, comme un leitmotiv. Elle nous met la pression, et nous ôte parfois un peu de joie de vivre. Avec tant de devoirs, nous nous sentons écrasés par notre vie. Et si nous changions de mode de fonctionnement ?

Remplacer le devoir par une motivation

Quand Odette se dit : " Je dois faire mon repassage ", que se passe-t-il ? Personne ne l'oblige à repasser, sinon elle-même. Et si cette obligation lui pèse, elle pourrait très bien s'en alléger. Comment ? Elle pourrait bien sûr se dire qu'elle ne repasse pas et remettre à demain. Ou un autre jour. Elle pourrait aussi décider de porter des vêtements non repassés et préférer avoir du temps à elle que des habits impeccables. Elle pourrait encore mettre en place une stratégie très répandue qui consiste à ne s'offrir que des vêtements ne nécessitant pas de repassage. Une autre solution, et des plus intéressantes, est de remplacer le début de sa phrase. Odette, au lieu de ruminer une phrase qui commence par " Je dois " pourrait se dire en elle-même : " J'ai envie de . " Quelle pourrait être cette phrase ? " J'ai envie de me sentir bien dans mon joli chemisier et c'est pour cela que j'ai envie de le repasser. " Ou bien " j'ai envie d'avoir toute ma soirée disponible et c'est pour cela que j'ai envie de repasser maintenant "

L'intérêt de remplacer nos " je dois " par des " j'ai envie ", c'est que vous allez trouver votre motivation profonde. Vous saurez enfin pourquoi vous vous imposez quelque chose. Et lorsque vous le saurez, vous déciderez soit de continuer votre tâche, soit qu'elle n'a aucun intérêt. Par exemple, Odette, en se prêtant à cet exercice, a décidé de diviser par deux la quantité de son repassage. Se sentir jolie dans un chemisier bien repassé, oui, mais un jean, finalement, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Elle l'a laissé de côté pour le porter tel quel.

Quand vous pensez : " J'ai envie d'arriver à l'heure à mon travail pour parler avec mes collègues avant de commencer ma journée ", vous vous sentez plus heureux, plus joyeux que si vous pensez " Je dois partir pour ne pas être en retard " Ce petit exercice mental vous permet de disposer de beaucoup plus d'énergie pour réaliser les tâches que vous choisissez vraiment de réaliser. Et il passe aussi au tamis les tâches que vous vous imposez sans raison valable. Pourquoi peut-on en arriver à s'imposer des actes dont on n'a pas réellement envie ? C'est que nous possédons une sorte de " parent intérieur ", un juge, un maître qui est la résultante de toutes les obligations que l'on nous a imposées au cours de notre vie. Nous avons repris à notre compte ces obligations sans décider souvent si réellement nous avions envie de les adopter. Et nous n'en avons même plus conscience. Alors vous avez certainement des injonctions intérieures qui n'ont aucun intérêt. L'idéal est de prendre du recul et de les remettre en question. Isabelle a appris par ses parents qu'" il faut toujours finir quelque chose avant d'en commencer une autre " C'est ce qu'elle tentait de mettre en pratique sans grande conviction. Elle avait envie d'agir autrement. Et elle s'apercoit qu'elle avance plus rapidement en menant plusieurs tâches de front ! Pour qu'elle y parvienne, il a d'abord fallu qu'elle remette en question cette injonction intérieure. " Il faut se démaquiller tous les soirs " est une injonction des vendeurs de démaquillants ! Il faut boire 1,5 litre d'eau par jour un conseil des vendeurs d'eau minérale qui vient d'être démonté par une étude scientifique Alors, prenez de la liberté avec vos devoirs, remettez-les en question et remplacez-les par vos désirs. Vous observerez que vous vous sentirez à la fois plus libre et plus heureux. Et puis apprenez à vos enfants à agir en pensant au plaisir : le plaisir de réussir un examen, le plaisir d'apprendre, le plaisir de découvrir, le plaisir de mener à bien une tâche. Ne les écrasez pas sous des devoirs qui ne les intéressent pas, vous finiriez par les rendre allergiques.

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 07 Juillet 2008 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 07 Octobre 2010 : 16h39
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