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Quand les fous payent au prix fort la facture de la crise

Article publié par Dr Philippe Presles le 12/08/2011
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.


Quand les fous payent au prix fort la facture de la crise

Un tiers des SDF, un quart des détenus sont des malades mentaux graves. Que font-ils dans la rue ou en prison ? Les lits d’hôpitaux psychiatriques ferment et de fil en aiguille les psychotiques n’ont plus leur place dans notre société. Une fois que la société ne pourra plus les supporter de nouveau, faudra-t-il recréer des asiles comme au XVIIème siècle ?

Le nombre de SDF ne cesse de croître et les prisons débordent de prisonniers. Mais cette augmentation est en grande partie due à la non prise en charge médicale des malades psychiatriques graves, qui, abandonnés à eux-mêmes, se retrouvent à la rue ou dans les geôles. Comment en est-on arrivé là ?

La grande invention des neuroleptiques

Nous avions pourtant fait bien des progrès depuis la création des asiles au XVIIème siècle. L’invention des neuroleptiques fut capitale car elle permit à nombre de malades psychotiques de retrouver leur calme et d’envisager une vie plus normale, en dehors de l’hôpital en tout cas. La société, alors au début des 30 glorieuses (nous sommes dans les années 50), invente les secteurs de psychiatrie avec des psychiatres et des personnels dédiés, des centres médico-pédagogiques de proximité, etc. Les malades sont pris en charge près de chez eux, visités à leur domicile, et reçus à l’hôpital en cas de crise. Cette politique de santé publique connut un véritable succès et la société devint plus humaine.

La crise économique fut responsable de la fin de l’un des maillons de la chaîne. Les services hospitaliers de psychiatrie perdirent leurs lits de manière à organiser la prise en charge en ambulatoire de 75% des adultes malades et de 97% des enfants. Faute de lits, les malades psychotiques ne pouvaient plus être hospitalisés en cas d’épisodes aigus et certains commencèrent ainsi à connaître la prison.

Les autres ont été de plus en plus isolés, car dans le même temps, les personnels psychiatriques de villes diminuaient en nombre. Ne pouvant plus trouver d’aide à côté de chez eux, les malades n’arrivaient plus à fournir aux administrations les dossiers nécessaires à l’obtention des différentes allocations logement ou autres formes de rémunérations. Ne payant plus leurs loyers, nombre d’entre eux se sont retrouvés SDF.

Et si cela devenait un débat de société ?

SDF ou détenus, cette situation injuste touche de plus en plus les jeunes que la précarité expose davantage : 40% des jeunes SDF sont en effet psychotiques en France. Cette situation devient vraiment alarmante et pourrait véritablement constituer un sujet de débat pour les prochaines élections présidentielles. On ne peut pas exclure de nos sociétés les plus démunis d’entre nous, les malades mentaux, au seul prétexte qu’ils ne savent ni voter, ni manifester.

 

Source : Danièle Gilis. Cerveau & Psycho N°46 juillet-août 2011.

Article publié par Dr Philippe Presles le 12/08/2011
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Ce billet fait partie du blog de Dr Philippe Presles, Le blog de la Rédaction

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Voir aussi les billets de blog :
La psychiatrie citoyenne pour retrouver notre dignité

Par Dr Philippe Presles le 14/03/2011 14:27

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