De plus en plus d'enfants handicapés à la naissance...

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 13 Octobre 2004 : 02h00
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Depuis 1980, le handicap d'origine périnatale est en hausse. Plusieurs explications sont avancées, dont le développement des fécondations in vitro responsables d'une hausse de la grande prématurité, le tabagisme maternel, l'alcool et l'élévation de l'âge maternel.

Le nombre d'enfants handicapés augmente. Aujourd'hui, 15.000 enfants naissent handicapés chaque année, dont 7.500 avec des déficiences sévères. La moitié de ces handicaps est d'origine périnatale, c'est-à-dire survenant pendant la grossesse et lors de l'accouchement, soit entre 3.000 et 4.000 naissances par an.

On aurait pu s'attendre à une baisse du nombre d'enfants handicapés à la naissance. La réalité est bien différente. Il n'a pas diminué depuis trente ans, et tend même à augmenter en raison de la hausse des handicaps périnataux. Une première explication vient de la diminution des décès à la naissance en raison des progrès médicaux. En conséquence de quoi, nombre de ces enfants sauvés souffrent de paralysie cérébrale ou d'infirmité motrice par la suite. Une autre origine est évoquée : l'augmentation du nombre d'enfants naissant prématurés, notamment à cause de la progression, quasi anarchique, des fécondations in vitro, lesquelles augmentent le risque de naissance gémellaire, facteur de risque de « souffrance foetale ».Autre facteur responsable : l'élévation constante de l'âge maternel. Après 38 ans, le risque de malformations et de naissance prématurée s'élève.Et enfin, on ne peut pas nier les effets des prises toxiques durant la grossesse, notamment le tabac et l'alcool.

Dans leur expertise collective, les scientifiques de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) plaident pour un dépistage précoce des troubles, une surveillance plus rapprochée des grands prématurés et des bébés de petit poids de naissance durant leurs deux premières années de vie, la mise en place de programmes de réduction des stress pour les prématurés en réanimation néonatale et une meilleure coordination entre professionnels de santé.Les experts dénoncent également dans leur rapport la banalisation du recours aux inducteurs d'ovulation et proposent plus globalement de veiller à l'application des bonnes pratiques en matière de procréation médicalement assistée.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 13 Octobre 2004 : 02h00
Source : Expertise collective INSERM, octobre 2004 : " Déficiences et handicaps d'origine périnatale. Dépistage et prise en charge ".
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