Personnalités dépendante et passive-agressive

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 26 Novembre 2003 : 01h00
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Les sujets ayant une « personnalité dépendante » ont une tendance certaine à s'accrocher aux autres. Et il est difficile ne pas s'accrocher et rentrer en conflit avec les personnes qui ont plutôt une « personnalité passive-agressive ». Vous sentez-vous parfois excessivement dépendant des autres ? Connaissez-vous des personnes qui ont tendance à éveiller chez vous de l'agressivité ? Si tel est le cas, la lecture de cet article pourrait bien vous aider à mieux comprendre les autres ou vous-même...

La personnalité dépendante ne peut pas se passer des autres

Pour la personnalité dépendante, les « autres » sont indispensables à sa survie et à sa vie. Elle est convaincue que seule, elle n'arrivera à rien et que « les autres » sont nécessairement meilleurs qu'elle. Elle s'arrange donc pour ne jamais être seule et pour se faire accepter dans les groupes. Rien n'est plus douloureux pour elle que de se sentir exclue, par exemple d'un groupe de collègues qui auraient entre eux des relations privilégiées. D'ailleurs, pour ne pas risquer l'exclusion, la personne dépendante est prête à tous les compromis. Elle laisse les autres prendre des décisions à sa place et tend à occuper une position de « suiveuse » plutôt qu'affirmer son point de vue, afin ne pas prendre le risque de la contradiction et du rejet potentiel que cela pourrait susciter.Le médecin et psychanalyste anglais, Michael Balint, s'est beaucoup intéressé à ce type de profil de personnalité. Pour M. Balint, nous serions tous à des degrés variables, soit plutôt enclin à se comporter comme des personnes dépendantes, soit à l'opposé comme des sujets autonomes. Dans la réalité, nous sommes tout à la fois dépendants et autonomes. Notre dépendance nous est nécessaire pour vivre car vivre en société, avec les autres, nécessite par essence l'acceptation d'un certain degré de dépendance à autrui. Mais être adulte, c'est aussi être autonome, être capable de conduire nos vies et de prendre des décisions, sans nécessairement toujours passer par autrui. Ces personnes, qui ont donc plus particulièrement développé leur polarité « dépendance », M. Balint les dénomme les « ocnophiles » (du grec okneo, s'accrocher à) par opposition à celles qui sont essentiellement autonomes ou « philobates ». Les « ocnophiles » attendent des autres qu'ils devinent et satisfassent tous leurs besoins, tout se passant comme si elles étaient toujours en quête de ce paradis perdu de leur toute petite enfance. A cette période de la vie, en effet, leur mère était là pour combler tous leurs besoins et le monde leur semblait entièrement dévolu à leur service.Avec une personnalité dépendante, il est nécessaire de se comporter avec subtilité : ne pas la laisser en permanence « s'accrocher » à vous, l'inciter à prendre des initiatives, tout en lui prouvant que vous ne la rejetez pas

La personnalité passive-agressive fait de la résistance passive

Parmi les « personnalités difficiles », la personnalité passive-agressive est loin d'être la plus facile ! Son comportement semble en apparence marqué par la passivité, ce qui a le talent de provoquer souvent chez l'autre une certaine agressivité ! Mais en plus, cette passivité n'est qu'apparente puisqu'elle n'est qu'une subtile façon d'exprimer sa propre agressivité ou hostilité à l'égard des autres. La personnalité passive-agressive a en effet du mal à exprimer sa propre agressivité. En même temps, elle supporte mal les critiques, voire les ordres car pour elle « se soumettre est une défaite ». Résultat, faute de pouvoir réellement dire ce qu'elle pense (une des croyances de la personnalité passive-agressive pourrait être « on risque trop à dire ce qu'on pense »), elle a facilement tendance à se plaindre, à se sentir insatisfaite et à se considérer comme l'éternelle victime de la malveillance des autres.Mais attention, nous adoptons tous un jour ou l'autre une attitude de passif-agressif. Par exemple, lorsque nous évitons de réaliser une tâche qui nous ennuie et que l'on nous a demandé de faire. Les adolescents aussi connaissent bien ce mode de fonctionnement (heureusement passager) lorsqu'ils refusent l'autorité parentale, et traînent des pieds lorsqu'on leur demande de participer à certaines tâches ménagères !Avec les personnes authentiquement passive-agressives qui adoptent systématiquement ce type de comportement, quel que soit le contexte, il va falloir apprendre à se comporter avec tact. Alors que vous auriez envie d'être désagréable, efforcez-vous au contraire d'être aimable avec elle et invitez-là à exprimer directement son insatisfaction et son désaccord, pour éviter de vous confronter à son agressivité déguisée en passivité !

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 26 Novembre 2003 : 01h00
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