Méningocoques : la grande invasion

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 05 Novembre 2003 : 01h00
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Les infections invasives à méningocoques (méningite, septicémie, arthrite, péricardite, etc.), qui touchent surtout les moins de 20 ans, ont augmenté de 20% en 2002. Le taux de mortalité s'est également accru et n'a jamais été aussi élevé depuis 1985. Il existe un vaccin qui immunise à vie contre certaines de ces infections parfois mortelles.

Les résultats des données de la déclaration obligatoire pour l'année 2002 viennent de paraître dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire ». En ce qui concerne les infections invasives à méningocoques (IIM), même s'il existe depuis juillet 2002 de nouveaux critères pour l'inclusion des cas, leur progression notifiée depuis 1996 se confirme. Le taux de séquelles graves demeure important. Quant à la mortalité, pourtant élevée depuis 3 ans, elle atteint le niveau record de 1985. Elle concerne essentiellement les enfants de moins de 5 ans et est majoritairement due au méningocoque B, contre lequel il n'existe actuellement aucun vaccin, et dans une moindre mesure au méningocoque C.

Le nombre d'IIM en France métropolitaine est estimé à 900 cas, soit une incidence en hausse de 20% par rapport à l'année passée. Les enfants de moins de un an et les adultes de 20 à 49 ans sont les plus touchés, contrairement à l'année précédente où les plus affectés étaient les 1 à 19 ans.Mais bonne nouvelle, cette tendance à l'augmentation ne semble pas se poursuivre en 2003 puisqu'une baisse de 6% a été observée au 1er juillet par rapport à la même période en 2002.

Vaccination non systématique

En France, la vaccination contre le méningocoque C n'est pas systématique. Elle n'est pratiquée qu'à partir d'un certain seuil d'alerte, comme cela s'est produit l'année dernière dans le Sud-Ouest et le Puy de dôme.

A savoir

  • L'infection se transmet lors de contacts rapprochés et répétés.
  • Lorsqu'un cas est diagnostiqué, l'entourage proche reçoit un traitement prophylaxique antibiotique (rifampicine).
  • Ces infections, dont les symptômes surviennent brutalement, sont dites invasives car le germe en cause quitte la gorge pour se répandre dans l'organisme (méninges, sang, etc.).
  • A côté de la raideur de la nuque qui indique une atteinte méningique gravissime, l'apparition de petits points rouges sur la peau (purpura fulminans) constitue également un motif de consultation en urgence. Une injection antibiotique sans délai avant l'admission à l'hôpital réduit significativement la mortalité.
Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 05 Novembre 2003 : 01h00
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, N° 43, 2003, Institut de veille sanitaire.
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