Maladies inflammatoires de l'intestin

La colite ulcéreuse est caractérisée par une inflammation de la couche interne du gros intestin, le côlon. L'incidence maximale se situe entre l'âge de 15 et 30 ans. Environ 60 % des cas de colite ulcéreuse sont bénins, 25 % sont importants et 15 % sont graves.

La maladie de Crohn est plus grave que la colite ulcéreuse et présente plus de complications. L'inflammation atteint l'épaisseur entière de la paroi intestinale et peut attaquer le tube digestif dans son ensemble, de la bouche jusqu'à l'anus. Elle peut créer une obstruction partielle de l'intestin. Elle se localise surtout dans la partie inférieure du petit intestin et au côlon gauche. La maladie survient surtout entre 14 et 24 ans.

Certaines personnes peuvent vivre longtemps avec l'une de ces deux maladies inflammatoires de l'intestin sans en ressentir les symptômes. Parfois, des complications associées précèdent même leur apparition. L'uvéite, une atteinte inflammatoire de l'œil, certaines formes d'arthrite, des maladies de la peau, telles que l'érythème noueux, ou des fistules (lésions dans la région anale) peuvent être des signes de la présence d'une maladie inflammatoire de l'intestin.

Les symptômes de ces maladies sont variés et plus sérieux dans le cas de la maladie de Crohn.

Colite ulcéreuse

  • maux de ventre se présentant sous forme de coliques et de crampes, le plus souvent ressentis dans la partie gauche de l'abdomen ;
  • augmentation de la fréquence des selles, diarrhées pouvant survenir aussi la nuit ;

  • selles noirâtres et presque toujours sanguinolentes qui s'accompagnent aussi de mucus intestinal, ou glaires, une substance blanchâtre et gluante qui ressemble un peu à du blanc d'œuf ;

  • urgence à déféquer et impression de ne pas vider complètement le rectum ;

  • fièvre, douleurs abdominales à répétition, diminution de l'appétit, fatigue et signes d'anémie quand le cas est plus grave.

Maladie de Crohn

  • détérioration de l'état général plus précoce et plus marquée que dans la colite ulcéreuse : diminution de l'appétit, perte de poids, mauvaise absorption des aliments, fièvre, frissons, nausées et vomissements ;

  • maux de ventre ressentis du côté droit de l'abdomen, souvent provoqués par l'alimentation et accompagnés de diarrhée ou de constipation quand la maladie a déjà causé une obstruction partielle de l'intestin ;

  • fistules et abcès (souvent à l'anus) quand le cas est plus grave ;

  • premier épisode aigu dont les douleurs s'apparentent à celles de l'appendicite ou de la péritonite chez les adolescents et les jeunes adultes ;

  • présence de sang dans les selles, à l'occasion.

Prédisposition génétique

Malgré une évolution clinique bien connue et une recherche intensive, les causes sont encore inconnues. Dans le cas de ces deux maladies, les études suggèrent qu'une prédisposition génétique conduit à une réponse immunitaire inappropriée de l'intestin à un agent non identifié, soit alimentaire, soit infectieux, soit environnemental.

Hérédité


On remarque une incidence accrue de 20 % chez les individus qui ont dans leur famille, sur deux générations consécutives, un parent ayant déjà souffert d'une maladie inflammatoire de l'intestin. Il y a donc une incidence familiale, mais il n'est pas encore prouvé que ces maladies se transmettent de façon héréditaire.

Éviter de consommer du lactose

Certaines personnes souffrant d'une atteinte du petit intestin développent une intolérance au lactose ; il faut alors diminuer ou éliminer le lait et les produits laitiers de l'alimentation.

Si un ballonnement intestinal, des crampes, des selles liquides et des gaz surviennent après que vous avez mangé des produits laitiers, cela peut être un signe d'une intolérance au lactose. Votre médecin pourra le confirmer par des examens spécifiques.

Éviter de manger des légumes et des fruits crus

Choisissez les fruits et les légumes cuits, moins stimulants pour l'intestin.

Consommer de la caféine et de l'alcool avec modération

Ce sont de grands stimulants de l'activité intestinale.

Ils favorisent l'apparition de crampes et de gaz et ils amplifient les symptômes.

Ne pas fumer

Des études suggèrent que fumer aggrave la maladie chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn.

Manger moins, mais plus souvent

La prise de plusieurs petits repas aide à diminuer les maux de ventre.

Étant donné qu'une charge moins importante s'accumule dans votre intestin, celui-ci est moins mobilisé et peut se mettre au repos plus rapidement.

Surveiller de près ses réactions

En étant à l'écoute de votre corps, vous pourrez facilement juger des périodes où vous devez faire plus attention aux aliments et aux quantités que vous ingérez.

  • Vous avez des maux de ventre accompagnés de diarrhée, même la nuit, vos selles sont molles et contiennent du sang ou des glaires.

  • Vous avez des maux de ventre, vous avez perdu l'appétit, vous vomissez et vous faites de la fièvre.

  • Vous souffrez d'uvéite, d'arthrite, d'une maladie de la peau ou vous avez des fistules.

  • Vous éprouvez un ou plusieurs des symptômes précités et un de vos proches parents souffre de colites ou de la maladie de Crohn.
  • Le médecin vous interroge pour connaître la nature et la fréquence des symptômes.
  • Il fait ensuite un examen physique complet et demande des examens de laboratoire (prise de sang).
  • Il demande également différents examens radiologiques tels qu'un transit du petit intestin, un lavement baryté, une échographie abdominale et pelvienne de même qu'une tomographie axiale abdominale.
  • Il complète le bilan par une coloscopie (examen interne à l'aide d'un appareil muni d'un tube optique et d'un système d'éclairage), au cours de laquelle il peut pratiquer une biopsie pour confirmer le diagnostic.

Bien que la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn soient des maladies différentes, leur traitement est relativement identique.

Avant tout traitement, le médecin prend soin de rassurer le patient sur la nature de sa maladie et sur son pronostic.

  • Dans les cas bénins, le médecin prescrit des anti-inflammatoires légers, en comprimés ou en lavements rectaux pour diminuer l'inflammation de la paroi intestinale.
  • Si le cas s'aggrave, il ajoute de la cortisone, qui peut être administrée par voie intraveineuse si nécessaire. Le traitement est prescrit sur une courte période et les doses sont progressivement réduites selon la réponse obtenue. Les effets indésirables les plus fréquemment observés sont les sautes d'humeur, les troubles du sommeil, l'acné, le faciès lunaire (visage bouffi), les ulcères d'estomac et, plus rarement, l'hypertension artérielle et l'ostéoporose.
  •  Dans les cas problématiques de colite ulcéreuse et de maladie de Crohn, le médecin prescrit des immunosuppresseurs afin de réduire l'activité du système immunitaire. Des antidiarrhéiques et antibiotiques sont aussi utilisés à l'occasion.
  • Étant donné que, dans certains cas, les aliments sont mal absorbés par l'organisme, le médecin accorde une attention particulière à l'alimentation, aux suppléments nutritifs et utilise parfois l'hyperalimentation (augmentation de la consommation d'aliments), pour s'assurer que le patient consomme tous les nutriments essentiels.
  • Quant à la chirurgie, elle est une solution nécessaire dans environ 25 à 40 % des cas.

Pour ces deux maladies, il faut retenir qu'avec une attitude positive et l'aide du médecin, les chances de mener une vie quasi normale sont bien réelles.

publié initialement le 13/11/2001 - 01h00 et mise à jour par Dr Philippe Presles le 06/09/2012 - 16h41

Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001.

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