Je ne ressens plus aucun désir pour mon conjoint...

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 09 Août 2005 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 30 Octobre 2014 : 16h52
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L'absence de désir sexuel, c'est une plainte féminine très fréquente en consultation de sexologie. Le désir est parti et cette femme cherche à se guérir, à retrouver cet élan. Mais son désir est-il vraiment parti ? Y a-t-il vraiment quelque chose à guérir ? Pas si sûr !

Absence de désir sexuel : un problème d'émotion

Myriam se plaint de ne jamais avoir envie de faire l'amour.

« Je me sens même bloquée explique-t-elle devant son mari. Dès qu'il essaye de me toucher, je fais un bond en arrière, surtout s'il s'agit des seins.

Et la zone sexuelle, c'est encore moins imaginable pour moi qu'il la touche.

J'ai un problème sexuel. Mon mari, lui, va bien, il a envie et ne comprend pas du tout mes réactions, surtout qu'auparavant, ça allait très bien entre nous, y compris sur le plan sexuel ».

Le mari confirme qu'il n'y comprend rien. Pourquoi sa femme a-t-elle changé ainsi ?

Le médecin ou le psychologue consulté va, à juste titre, se demander si cette jeune femme n'a pas vécu des expériences sexuelles traumatisantes, des souvenirs ancrés dans sa mémoire qui provoqueraient ce blocage.

Absence de désir sexuel : désir et ressentiment incompatibles

En fait, la réalité est bien plus simple. Myriam ressent un très fort ressentiment envers son mari.

Or, il est impossible d'éprouver deux émotions contradictoires de manière concomitantes : le désir et le ressentiment sont incompatibles.

La plus forte des deux émotions va l'emporter. Le désir si Myriam en veut à son mari pour une broutille, ou le ressentiment si le trouble est profond.

Ici, submergé par une émotion négative, le désir sexuel n'arrive pas à s'exprimer. Il est pourtant présent, mais débordé par une autre émotion.

Quelles peuvent être les origines d'un tel ressentiment ?

Elles sont très variables.

Pour Myriam, c'est simple : elle travaille, elle a trois enfants en bas âge et son mari, qui a le même métier qu'elle, ne fait jamais rien à la maison. Pire que cela, il ose lui dire « comment ça, le repas n'est pas encore prêt ? » Elle n'en peut plus de se sentir comme une esclave dans sa propre vie.

Aurélie, qui vit la même absence de désir ne supporte pas que la mère de son mari, passe toujours avant elle. Son mari mange tous les midi chez sa maman et n'envisage pas, pendant les vacances, de partir loin d'elle.

Julie, elle, en veut aussi beaucoup au père de ses enfants. Même s'ils sont en couple depuis quinze ans, ils ne sont toujours pas mariés, pour cause de différence de religion. Lui n'arrive pas à accepter l'idée de se marier avec elle. Elle se sent tellement rejetée que cela paralyse son désir.

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 09 Août 2005 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 30 Octobre 2014 : 16h52
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