Interview : Sclérose en plaques, quel avenir ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 19 Novembre 2003 : 01h00
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Les données en matière de sclérose en plaques ont beaucoup évolué au cours des dernières années. Afin de faciliter le dialogue entre patients et équipes soignantes, le Dr Ayman Tourbah* présente dans un ouvrage les connaissances actuelles sur cette maladie qui touche aujourd'hui 50.000 personnes.

e-sante : Quels sont les premiers symptômes de la sclérose en plaques ?

Dr A. Tourbah : Les premiers symptômes et signes de la sclérose en plaques sont variables. Après 40 ans, les plus fréquents sont les troubles moteurs, alors qu'avant 40 ans ce sont les troubles sensitifs. Les troubles moteurs sont à type de faiblesse musculaire ou de raideur. Au début, ils peuvent être présents uniquement à l'effort. Les troubles sensitifs sont à type d'engourdissement, de picotements, de ruissellement, de peau cartonnée, de brûlures. L'intensité de ces symptômes contraste souvent avec la discrétion des signes cliniques. Les autres symptômes sont visuels : baisse de l'acuité visuelle unilatérale et douloureuse traduisant une neuropathie optique ou trouble de l'oculomotricité (vision double binoculaire). D'autres manifestations inaugurent plus rarement la maladie : coordination, équilibre, troubles génito-sphinctériens, attention, concentration, mémoire et fatigue.

e-sante : Quand et comment annoncer le diagnostic ?

Dr A. Tourbah : Il n'y a pas de marqueur diagnostique spécifique de la sclérose en plaques. Du fait des progrès des examens complémentaires, la tendance est d'annoncer le diagnostic de plus en plus tôt. Cette annonce reste toutefois un moment difficile en raison de l'imprévisibilité de la réaction du patient et de son entourage. Les éléments qui permettent le diagnostic reposent sur des arguments cliniques et sur les données des examens complémentaires, essentiellement l'IRM. De plus, il faut exclure tout autre affection qui pourrait, par son mode de présentation, simuler la sclérose en plaques. Ainsi, le diagnostic pourra être évoqué puis confirmé devant des arguments de dissémination dans le temps et dans l'espace, obtenus aussi bien sur les éléments cliniques que sur l'IRM ou plus rarement l'analyse du liquide céphalo-rachidien.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 19 Novembre 2003 : 01h00
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