Statines : après le cholestérol, la sclérose en plaques

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 16 Juin 2004 : 02h00
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Les statines sont aujourd'hui bien connues pour leur rôle bénéfique sur le taux de cholestérol. Mais leurs actions ne se limitent pas là. Une étude suggère qu'elles pourraient aussi intervenir favorablement dans la sclérose en plaques, en inhibant les composants inflammatoires qui conduisent au handicap neurologique.

Dans cette étude américaine, une statine, la simvastatine, a été testée chez 28 patients âgés de 18 à 55 ans, atteints de sclérose en plaques (SEP) évoluant par poussées et n'ayant reçu aucun médicament depuis 30 jours. Les sujets ont été suivis durant trois mois avant la mise en place du traitement. Celui-ci a été conduit sur une période de trois mois et a consisté en la prise orale de 80 mg par jour de simvastatine. L'état des lésions était évalué par IRM (imagerie par résonance magnétique nucléaire) au 4e, 5e et 6e mois de traitement.

Les auteurs constatent ainsi qu'en fin de protocole, le nombre des lésions a été réduit de 44% par rapport à la phase de prétraitement, tandis que le volume des lésions a été diminué de 41%. Le taux de rechute et le score de handicap n'ont pas été modifiés. Parallèlement, le taux de cholestérol total et de LDL-cholestérol (« mauvais » cholestérol) ont chuté respectivement de 5 à 3,5mmol/l et de 3,1 à 1,8mmol/l. Aucun effet secondaire néfaste particulier n'a été observé.

La simvastatine est donc capable d'inhiber sur une période de six mois le phénomène inflammatoire classiquement observé dans la SEP. Ces résultats doivent cependant être vérifiés et de nouvelles études à plus grande échelle et contre placebo doivent confirmer un tel effet. Il s'agit toutefois d'un probable progrès pour les patients concernés par cette maladie insidieuse et handicapante.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 16 Juin 2004 : 02h00
Source : The Lancet Neurology, pp 369-371, juin 2004.
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