Hépatite C : traitement et bithérapie pour éviter le cancer du foie

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 14 Mai 2003 : 02h00
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L'infection par le virus de l'hépatite C évolue dans 80% des cas vers une forme chronique, qui à terme peut aboutir à une cirrhose ou un cancer du foie. En pratique, le traitement repose sur deux types de médicament, l'interféron pégylé alpha et la ribavirine, employés seuls ou en association, d'où le terme de bithérapie. Le point sur ces deux spécialités.

Interféron pégylé alpha

L'interféron pégylé alpha est employé dans le traitement de l'infection par le virus de l'hépatite C, seul ou en association avec la ribavirine. Son action est triple : il agit contre le virus de l'hépatite C, il stimule les défenses immunitaires et peut réduire la fibrose au niveau du foie. Il s'injecte une fois par semaine dans un pli de la peau, toujours le même jour de la semaine et à la même heure. Il est préférable de réaliser la toute première injection avec une infirmière ou votre médecin, afin d'apprendre les bons gestes. Ensuite, si vous avez peur de la réaliser vous-même, faites appel à une infirmière libérale qui viendra à votre domicile chaque semaine. Si vous vous lancez, lisez attentivement le mode d'emploi du produit et si vous utilisez le nouveau mode d'injection du ViraféronPeg® sous la forme d'un stylo, procurez-vous la brochure explicative illustrée créée par SOS Hépatites (www.soshepatites.org). Afin de minimiser les inconvénients des effets secondaires de ce produit, il est préférable de bien choisir le moment de l'injection : certains préfèrent un soir en semaine, d'autres un jour de week-end afin de rester opérationnels durant la semaine. Si vous souhaitez modifier le jour de l'injection, il suffit d'en parler avec votre médecin, lequel proposera une solution adaptée, comme par exemple de réaliser des injections à 6 jours d'intervalle jusqu'à ce que vous tombiez sur le jour qui convient le mieux, puis de reprendre avec 7 jours d'intervalle.En cas d'oubli : si l'oubli est découvert le jour même, faites l'injection avec quelques heures de retard. Si c'est le lendemain, prévenez votre médecin afin de connaître la procédure adéquate à suivre. Dans tous les cas, l'objectif est d'avoir en permanence dans votre organisme une quantité suffisante de médicament. L'intervalle de 7 jours entre deux injections permet d'y parvenir.Avant utilisation, conserver ce médicament au réfrigérateur, au niveau du bac à légumes.

Ribavirine

Souvent associé à l'interféron pégylé alpha, ce médicament sous forme de gélule est à avaler chaque matin et soir avec un intervalle de 12 heures. Il doit être pris lors d'un repas ou juste après afin de faciliter son passage dans le sang. Sinon, il arrivera en quantité insuffisante dans la circulation sanguine et son action, qui s'oriente spécifiquement contre le virus de l'hépatite C, sera réduite.En cas d'oubli : comme pour l'interféron pégylé alpha, s'il ne s'agit que de quelques heures de retard, prenez le comprimé oublié. Si vous oubliez une journée ou plus, prévenez votre médecin et suivez ses consignes. Là encore, il est important d'avoir une quantité suffisante de médicament dans le sang pour qu'il soit actif. Respecter les 12 heures d'intervalle et choisissez toujours le moment d'un repas. Pas de grossesse sous ribavirine !Ce produit étant toxique pour foetus (il peut entraîner des malformations), toute conception doit être évitée durant le traitement, mais également plusieurs mois après l'arrêt de celui-ci. Une femme ayant été sous ribavirine ne doit pas concevoir un enfant durant les 4 mois qui suivent l'arrêt du traitement. Pour un homme, cette durée est plus longue, 7 mois, car ce médicament reste plus longtemps dans le sperme que dans le sang. Par précaution, un test de grossesse doit être réalisé chaque mois.Il est à conserver à l'abri de l'humidité et de la chaleur.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 14 Mai 2003 : 02h00
Source : www.soshepatites.org
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