Un Français sur cinq est à risque d'alcoolisation excessive

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 26 Février 2003 : 01h00
-A +A
Près d'un Français sur cinq ayant recours au système de soins, en ville ou à l'hôpital, est en situation de « risque d'alcoolisation excessive ». Par ailleurs, de fortes disparités régionales sont observées. Mais quel que soit le lieu, ce sont les personnes en situation précaire qui sont plus fréquemment en difficulté.

L'objectif de cette étude menée à l'initiative de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) en 2000, était d'évaluer la prévalence des buveurs excessifs parmi les patients consultant en ville ou à l'hôpital, pour un problème clinique lié à cette consommation ou non.

Les hommes sont les plus exposés : ils représentent les trois quarts des patients à risque d'alcoolisation excessive. En outre, l'enquête montre que ce risque varie d'une région à une autre en métropole. Ainsi, chez les patients hospitalisés un jour donné, l'opposition Nord-Sud est retrouvée, rappelant celle de la mortalité directement liée à une consommation excessive et régulière d'alcool. Et plus exactement, c'est en Bretagne, dans le Centre et le Nord-Pas-de-Calais que ce risque apparaît le plus élevé, environ un hospitalisé sur quatre, un jour donné, étant considéré comme consommateur excessif. Le risque le plus faible est relevé en Aquitaine avec moins d'un patient sur six et en Corse avec environ un patient sur sept. Ces variations entre régions restent comparables, qu'il s'agisse des patients vus en médecine de ville ou à l'hôpital.

Dans les départements d'Outre-Mer, plus particulièrement à la Réunion, la situation est préoccupante puisque les patients sont plus fréquemment classés à risque qu'en métropole.

Ces disparités régionales restent cependant de portée réduite. En revanche, cette étude précise, s'il en était besoin, que ce sont les individus en situation de précarité, sous toutes ses formes (chômage, foyer monoparental avec enfants, etc.), chez qui on retrouve des indicateurs d'alcoolisation excessive et ce, quelle que soit la région.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 26 Février 2003 : 01h00
Source : DREES " Etudes et Résultats ", " Les risques d'alcoolisation excessive chez les patients ayant recours aux soins un jour donné " n° 192, septembre 2002. Consultable sur Internet : www.sante.gouv.fr/htm/publication
A lire aussi
Hommes et alcool : une liaison dangereuse Publié le 23/04/2003 - 00h00

Les données épidémiologiques l'attestent : les Français boivent plus que les Françaises ! Ainsi, 80% des décès directement attribuables à l'alcool concernent la population masculine, soit environ 18.000 morts annuelles… Quelle est donc cette relation dangereuse ?

Trop d’alcool fragilise la mémoire Publié le 27/01/2014 - 07h30

Boire trop d’alcool tous les jours, surtout à partir de 50 ans, finit par détériorer la mémoire de manière mesurable.Cette hypothèse, étayée par de nombreux arguments, est maintenant confirmée par l’Inserm qui en apporte la preuve avec une étude ayant suivi plus de 5000 hommes et plus...

La dénutrition, une cause d'infections nosocomiales Publié le 10/05/2005 - 00h00

En France, 600.000 personnes hospitalisées sont victimes d'une infection nosocomiale. Parallèlement, 30 à 50% des patients hospitalisés ou institutionnalisés présentent une dénutrition. Quel rapport entre ces deux constatations ? La dénutrition est un facteur de risque de la survenue...

Plus d'articles