Faire face à la maladie d'Alzheimer

Publié par Sophie Raynaud, journaliste santé le Mercredi 15 Septembre 2004 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 22 Avril 2016 : 15h28
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Il cherche constamment son gillet, il grignote plutôt qu'il ne mange, il lui arrive de ne plus remettre une voisine ? Bien sûr on préfère en rire, on évoque son « grand âge », on accuse « la vieillerie ». Finalement on trouve ça presque normal... Mais au fond, on sait bien que ce n'est pas tout à fait naturel !

Jusqu'à quel âge peut-on décemment espérer garder toute sa tête ? C'est simple, aux dires du professeur Dubois, neurologue à la Salpetrière (Paris) : « Jusqu'à au moins cent ans ! ». Sinon ? Et bien c'est qu'on est en mauvaise santé ! C'est peut-être même qu'on est atteint d'une maladie d'Alzheimer (en 2020, cette pathologie du système cognitif touchera une famille sur cinq). Bien sûr, nous en avons tous plus ou moins conscience. Bien sûr, les trous de mémoire de Maman ne vous ont pas échappé... Bien sûr, cela fait des mois que vous aimeriez qu'elle consulte. Seulement voilà, ce n'est pas si simple.

Comment le décider à consulter ?

Comment pourriez-vous la décider à consulter, alors qu'elle refuse d'aborder le problème, vous accuse de la taxer de sénilité et se raccroche aux discours rassurants de son généraliste ?! En restant plus que jamais déterminée. En insistant en douceur. Bien qu'ils aient conscience de leurs troubles, rares sont les malades qui consultent de leur propre chef (ils sont déjà suffisamment gênés d'avoir à compenser leurs déficiences !). Pour Françoise Mollard, psychologue à l'association France Alzheimer, l'une des meilleures tactiques consiste donc à : « s'associez à la détresse de la personne. Conjoint ou enfants peuvent par exemple mettre en cause leur propre mémoire et manifester l'envie de la faire évaluer eux aussi dans le cadre d'une démarche commune. On peut également faire appel à un tiers comme le médecin (qui abordera la question en toute discrétion) ou encore, insister sur des points positifs, tels que l'existence de nouveaux traitements (les anticholinestérasiques) qui bloquent les progrès de la maladie ».

A qui s'adresser ?

Une fois cette première étape franchie, plus une minute à perdre. Contactez sans tarder un centre de consultation pour la mémoire. Ce sont les seuls établissements à pouvoir effectuer des tests vraiment fiables (Mini Mental State de Folstein, scanners...) et à ce titre, leurs délais d'attente sont généralement longs. Là, les médecins rendront d'abord un premier diagnostic, qu'ils confirmeront par une seconde batterie d'examens quelques mois plus tard. Ils s'assureront ainsi qu'aucune autre maladie curable n'est en cause (elle touche 10 à 20% des plus de 65 ans). Des troubles cardiovasculaires ou une dépression peuvent se manifester par les mêmes symptômes. Et si la conclusion des spécialistes s'avère positive ? Et bien vous n'aurez d'autre choix que de prendre les choses en main... Peut-être devrez-vous commencer par informer votre proche d'un verdict qu'on ne lui aura pas toujours communiqué. En France, la loi n'oblige pas les praticiens à faire part de leur diagnostic, mais sachez qu'un patient qui connaît la cause de ses troubles s'en trouve souvent soulagé et combat d'autant mieux la maladie. C'est également sa seule chance de pouvoir planifier son avenir avant que son état ne le lui permette plus (choix d'un traitement, d'un éventuel tuteur, d'une structure d'accueil...).

Publié par Sophie Raynaud, journaliste santé le Mercredi 15 Septembre 2004 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 22 Avril 2016 : 15h28
Source : Vivre Plus n°29.
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