Ce billet fait partie du blog "Le blog de la Rédaction".

Deuil familial dans l'enfance : risque de psychose à l'âge adulte

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 22 Avril 2014 : 11h59
Mis à jour le Mardi 10 Juin 2014 : 08h55
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Souffrir du deuil d’un parent, d’un frère ou d’une sœur est un traumatisme grave qui peut avoir des répercussions à long terme chez les jeunes enfants.

Dans le pire des cas, c’est le risque de psychose à l’âge adulte qui est augmenté.

D’où l’importance d’un soutien psychologique familial ou professionnel solide.

Le British Medical Journal publie une étude particulièrement importante sur les conséquences psychologiques consécutives à des événements stressants chez des enfants. La force de cette étude est qu’elle a pu suivre les individus nés en Suède entre 1973 et 1985, et ce jusqu’en 2006, soit plus d’un million de personnes (1.045.336 exactement).

Deuil familial : une grande fragilité avant l’âge de 3 ans

Il en ressort que les enfants les plus exposés sont ceux de moins de 3 ans qui ont subi le décès de leur père, de leur mère ou de leur frère ou sœur. Leur risque de développer une psychose ultérieurement est augmenté de 84 %, ce qui est extrêmement important. Ce risque diminue heureusement avec l’âge pour s’établir en moyenne à un niveau de +17 %.

Le stress maternel anténatal ne semble pas trop lourd

La bonne nouvelle de cette étude est que le stress maternel sévère avant la naissance n'a pas augmenté le risque de faire maladie mentale grave plus tard. Nous ne disposons pas de résultats pour d’autres formes de stress.

Deuil dans l'enfance : nécessité d'une prise en charge précoce

Les conséquences d’un deuil peuvent donc être très lourdes chez un jeune enfant et il est donc très important d’en avoir bien conscience de manière à bien les rassurer et les aider à souffrir le moins possible, à cet âge où il ne peuvent pas toujours s’exprimer verbalement.

Dans ce but il faut veiller à ce que l’enfant ne soit pas négligé dans cette période difficile et qu’une personne proche soit toujours disponible pour lui prodiguer de l’affection. Il est aussi essentiel que la souffrance des proches soit pudique devant eux, de manière à les ménager.

Et si des signes de souffrance apparaissent ultérieurement, il est bien entendu essentiel de les prendre en charge rapidement.

Notons que d’une manière générale, les troubles psychologiques de l’enfance et de l’adolescence sont souvent accessibles à des traitements psychologiques courts, de type comportemental et cognitif. Plus le trouble est ancien, plus il faudra du temps pour le soigner.

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 22 Avril 2014 : 11h59
Mis à jour le Mardi 10 Juin 2014 : 08h55
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