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Comment parler de la mort avec son enfant ?

Comment parler de la mort avec son enfant ?
Autrefois, la mort faisait partie intégrante de la vie quotidienne de l'enfant : la proximité avec ses ascendants et le monde rural lui permettaient de mieux comprendre et d'accepter le cycle de la vie. Mais aujourd'hui, les tabous entourant la mort font que l'enfant en a souvent peur, d'autant plus qu'il est souvent mis à distance d'une réalité qui pourtant est inhérente à l'existence.

Apprendre la séparation et le deuil

Selon les psychologues, il ne faut pas attendre le décès d'un proche pour que l'enfant soit confronté à la mort. Le mieux est de saisir assez tôt toutes les occasions qui s'offrent à lui pour l'évoquer. Cela peut être à la mort d'un animal, lorsqu'on lui explique le cycle des saisons ou lorsqu'on lui raconte une histoire... Ainsi, la mort sera associée pour lui à une situation connue, même s'il n'en mesure pas à priori les conséquences. En effet, avant 5 ans, l'enfant, qui n'a pas la notion du temps, ni de la durée, ne peut comprendre le caractère permanent de la mort. Cependant, au fil de ses expériences, les différentes épreuves qu'il rencontrera l'obligeront à supporter des séparations de plus en plus longues (éloignement de la mère au moment du départ à l'école, renoncement au «doudou»…). Ces petits «deuils» symboliques seront alors autant de renoncements qu'il lui faudra assumer et qui l'aideront à comprendre, au moment venu, l'irréversibilité de la mort et la douleur de la perte.

Que répondre à l'enfant après le décès d'un proche ?

Souvent, la mort suscite énormément d'interrogations et d'inquiétudes chez l'enfant. Son questionnement dépend évidemment de son niveau de compréhension, lié à son âge, son évolution et ses expériences. Avant 5 ans, l'enfant a donc tendance à poser des questions liées à son besoin de sécurité : «Quand reviendra-t-il ?», «Où est-il parti ?», «Faut-il que je l'appelle très fort ?»… Il est alors essentiel que les réponses ne l'entretiennent pas dans une illusion de retour possible. Il faut donc éviter les «Il est parti en voyage», «Il dort» ou «Il a décidé de partir » car l'enfant prend ces fausses promesses au pied de la lettre et n'engage pas un véritable travail de deuil. Pour les croyants, la réponse couramment donnée «il est au ciel» doit toujours s'accompagner d'une explication (ex. «mais il ne reviendra plus»). On peut aussi donner une réponse suggérée par la psychanalyste et pédiatre Françoise Dolto : "il est mort parce qu'il a fini de vivre".Il faut aussi éviter de raconter à l'enfant que la personne décédée le regarde et le surveille en permanence : cela risquerait de l'angoisser plus que de le sécuriser. Même si l'enfant n'est pas en âge de comprendre le caractère définitif de la mort, la vérité est donc toujours préférable car il l'intégrera progressivement. Par ailleurs, cette démarche doit être accompagnée de paroles consolatrices pour rassurer l'enfant qui se sent abandonné : «Je suis là, près de toi », «Tu n'es pas tout seul », « Je m'occuperai toujours de toi»... Plus tard, il faudra l'encourager à exprimer sa douleur avec des dessins et ses propres mots, ou si l'enfant est plus âgé, à en parler avec lui, pour que le deuil ne se transforme pas en non-dit. 1998, 45.

Mis à jour par le 10/05/2004
Créé initialement par le 07/01/2002

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