La dépression après l'accouchement : une maladie négligée à tort

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Novembre 2001 : 01h00
Mis à jour le Vendredi 24 Avril 2015 : 16h37
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Le dépistage et la prévention de la dépression du post-partum sont des pratiques récentes. Souvent attribués à tort à une fatigue naturelle due à la grossesse et à un bébé exigeant, il est nécessaire de dépister au plus vite les états dépressifs afin de les traiter de façon adaptée, d'éviter leur aggravation et leur récidive. Dans cet objectif, les visites prénatales constituent des moments privilégiés pour détecter les signes annonciateurs.

La vraie définition de la dépression post-natale

La dépression post-natale surviendrait après 10 à 20 % des accouchements.

La dépression du post-partum associe de façon très variable irritabilité, troubles de l'humeur et insomnie, des symptômes facilement attribués à la naissance par l'entourage.

Officiellement, elle survient jusqu'au retour des couches, mais en pratique une dépression survenant dans l'année qui suit la naissance est considérée comme une dépression post-natale.

Les causes de cette dépression n'ont pas été clairement définies (facteurs génétiques, psychologiques, environnementaux, transgénérationnels, antécédent de fausse couche, d'IVG…).

Dépression ou baby-blues ?

Le baby-blues peut être défini comme un moment de doute passager, facilement surmontable, caractérisé par le sentiment d’être débordée, de ne pas comprendre les demandes de son bébé. Près de la moitié des accouchées le ressentent quelques jours après l’accouchement. L’épisode dépressif du post-partum est, lui, une véritable dépression qui débute dans le mois qui suit l’accouchement et qui dure.

Quelles sont les conséquences d'une dépression après l'accouchement ?

Cette dépression n'est pas à négliger en raison de ses conséquences, parfois définitives, dans la vie de la mère et de l'enfant.

En effet, un état dépressif peut altérer la qualité de la relation mère-enfant, la cellule familiale, le développement de l'enfant et peut parfois jouer un rôle de déclencheur vers la maltraitance.

Dépression, il faut s'exprimer...

Après une naissance « tout va dans le sens de la non-expression ».

En effet, fatigue, surmenage, pleurs, suites de l'accouchement, toutes ces plaintes sont banalisées et il est difficile, voire très culpabilisant pour une mère de confier ses craintes et ses sentiments négatifs à un entourage comblé de bonheur face à ce nouveau-né.

La dépression post-natale peut rester un épisode isolé sans conséquence ultérieure, et sans récidive, à condition d'être diagnostiquée et prise en charge à temps. Pour cela, il faut parler et s'exprimer. Votre médecin peut jouer un rôle à tout moment. La prévention peut passer par les consultations prénatales, moments émotionnels privilégiés pour aborder les facteurs psychologiques entourant la grossesse.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Novembre 2001 : 01h00
Mis à jour le Vendredi 24 Avril 2015 : 16h37
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