Bébés FIV ? No problem !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 08 Juillet 2003 : 02h00
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Taille, poids, développement moteur, intellectuel, psychique…, la fécondation in vitro (FIV) ou l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) ne modifie nullement ces paramètres. Que l'on se rassure, les bébés conçus à l'aide de ces techniques ne présentent pas à l'âge de 5 ans de différence par rapport aux autres enfants.

Il s'agit des résultats de l'étude la plus vaste et la plus prolongée sur ce sujet : 541 enfants issus d'ICSI, 440 de FIV et 542 témoins conçus naturellement ont été suivis durant cinq années. Depuis la Belgique, le Danemark, la Grèce, la Suède et le Royaume-Uni, ont été collectés les évènements obstétricaux et néonataux, les aspects du développement physique, cognitif, psychologique, affectif et social de ces enfants.

Les auteurs constatent qu'à l'âge de 5 ans, les enfants conçus à partir d'une FIV ou d'une ICSC ne présentent pas de différence de stature, de poids, ni de développement moteur. Le développement intellectuel évalué notamment à l'aide de tests verbaux et du quotient intellectuel est comparable, sauf que les filles dépassent les garçons dans ce domaine. De même, il n'existe pas plus de troubles de comportement ou de difficultés psychiques. Le parcours médical est similaire, mais le nombre d'hospitalisations est légèrement plus important. Cependant, les chiffres demeurent très bas, les admissions n'étant que de l'ordre de 1% dans les trois groupes d'enfants. En revanche, le taux de malformations est plus élevé chez les enfants nés d'une ICSC.Côté parents et relations familiales, le niveau de stress est le même ; les mères ayant subi une ICSC semblent plus impliquées dans leur rôle de mère, comparées à celles ayant eu recours à la FIV ; les pères sont plus proches de leur enfant né d'une ICSC comparés aux papas des témoins. Les relations entre parents et parents/enfants sont identiques quel que soit le mode de conception. Et enfin, aucun retentissement socio-affectif négatif n'a été noté.

En conclusion, ces données rassurantes devraient enfin lever les derniers doutes concernant la santé et le bien-être de ces enfants.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 08 Juillet 2003 : 02h00
Source : Congrès annuel de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie, Madrid, juillet 2003, communiqué du Pr Christina Bergh (Göteborg, Suède).
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