Antidépresseurs : faut-il passer le volant ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 30 Août 2012 : 11h54
Mis à jour le Jeudi 30 Août 2012 : 12h37

Les résultats d’une étude française alertent une fois de plus sur les risques d’accidents de la route sous antidépresseurs. Ces médicaments augmentent au moins de 34% le risque d’accident au volant, et tout particulièrement en début de traitement et lors des changements de prescription.

Certains médicaments sont incompatibles avec la conduite

C’est bien connu, les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires, et certains altèrent la vigilance, pouvant rendre incompatible la conduite d’un véhicule ou l’utilisation professionnelle de certaines machines.

Selon une étude publiée en 2010 (1),près de 3 % des accidents de la route seraient attribuables à la prise de certains médicaments.

Afin d’avertir les patients, un système d’information sous la forme de trois pictogrammes de couleur a été mis en place. C’est ainsi que les médicaments dont les boîtes affichent un pictogramme de niveau 2 ou de niveau 3, de couleur orange ou rouge, augmentent le risque d’accident, risque qui s’accroît encore si l’on consomme en même temps plusieurs de ces médicaments potentiellement dangereux.

Aujourd’hui, cette étude menée par des chercheurs de l’Inserm ayant porté sur 75.685 conducteurs impliqués dans des accidents entre 2005 et 2008, indique que la prise d’antidépresseurs augmente en moyenne de 34% le risque d’être responsable d’un accident de la route.

Le risque est majoré à l’initiation du traitement antidépresseur

On constate par ailleurs que le risque est plus élevé dans la période d’initiation du traitement, avec une augmentation supplémentaire du risque de 49%, mais aussi lors de toute période de modification du traitement : changement de posologie, de molécule, etc.

Attention, pas question de stopper son traitement ou de ne pas prendre son comprimé le jour où l’on doit prendre sa voiture. Un traitement antidépresseur se prend sur le long terme, sans interruption.

En revanche, les patients doivent être clairement informés afin qu’ils s’organisent et rendent compatible leur traitement avec leurs déplacements et leur vie quotidienne.

Une vigilance encore plus particulière doit être portée en début de traitement et à chaque changement de posologie ou de type d’antidépresseur.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 30 Août 2012 : 11h54
Mis à jour le Jeudi 30 Août 2012 : 12h37
Source : Orriols L. et al., J. Clin. Psychiatry, 2012; 73 (8) : 1088-94, 2012. (1) Orriols L. et al., PLoS Med 2010;  7 (11) : e1000366. doi:10.1371/journal.pmed.1000366.
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