Tranquillisants : attention au cancer du sein !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 30 Avril 2003 : 02h00
-A +A
Les femmes prenant des tranquillisants, ou neuroleptiques, ont un risque accru de 16% de développer un cancer du sein ! Plus à risque, elles doivent donc être suivies de près et bénéficier de dépistage du cancer du sein.

Les neuroleptiques exercent un effet sur la sécrétion de prolactine, hormone féminine impliquée lors de l'allaitement. Les expériences chez l'animal démontrent que cette classe de médicaments augmente le risque de développer des tumeurs mammaires. Il était donc logique de se demander si cet effet se retrouvait également chez les femmes sous tranquillisants.

Les neuroleptiques, ou tranquillisants majeurs, agissent sur le psychisme. Ils sont utilisés pour traiter les psychoses (schizophrénie, psychose maniacodépressive), la dépression avec agitation, la confusion mentale, le délire, l'anxiété et l'agitation par trouble psychologique. En intervenant sur la dopamine, un neurotransmetteur produit par le cerveau, ils permettent au patient de mener une vie normale en société. Les autres indications sont l'insomnie, la toux, les vomissements, les hoquets rebelles, les douleurs intenses et la préparation à l'anesthésie.

Lors de cette étude, 50.000 femmes traitées par un neuroleptique entre 1989 et 1995 ont été comparées à des sujets témoins. Les auteurs constatent que le fait de recevoir ce genre de molécule augmente en moyenne de 16% le risque de cancer du sein. Cet effet est visiblement dose-dépendant : le risque s'accroît en même temps que la dose et la durée du traitement. Par ailleurs, cette élévation du risque ne semble pas liée à une surveillance plus forte chez les sujets traités.

Ces femmes sous neuroleptiques représentent donc une population à risque de cancer du sein. Il est indispensable de les suivre de très près et de réaliser des dépistages rapprochés.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 30 Avril 2003 : 02h00
Source : Wang P.S., et coll., Arch. Gen. Psychiatr., 59 : 1147-1154, 2002.
A lire aussi
Plus d'articles