Antidépresseurs : en finir avec les idées reçues

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 23 Mai 2014 : 20h03
Mis à jour le Lundi 02 Juin 2014 : 16h30

La dépression est une vraie maladie qui nécessite une prise en charge adaptée.

Il existe aujourd’hui des traitements efficaces, notamment médicamenteux, représentés par les antidépresseurs. Pour que les informations erronées autour de ces médicaments ne détournent pas les patients d’un traitement et donc d’une possibilité de guérison, l’Académie nationale de Médecine publie une série d’explications sur les antidépresseurs, sous la forme d’un vrai/faux.

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Les 10 idées reçues à combattre.

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1. Les médicaments psychotropes se valent tous.

C’est faux. Les antidépresseurs traitent les maladies dépressives, les anxiolytiques ou les tranquillisants calment l'angoisse, l'aspirine atténue la douleur, etc.

2. Les Français détiennent le record de la consommation d'antidépresseurs.

C’est faux, notre pays n'arrive qu'au 5e rang en matière de prescription d'antidépresseurs.

3. Les antidépresseurs induisent une dépendance.

C’est faux. Le traitement par antidépresseurs ne nécessite pas d’augmenter les doses pour un même effet et à l’arrêt il ne s’accompagne pas d’un syndrome de sevrage.

4. Les antidépresseurs favorisent le suicide.

C’est faux. Le taux de suicide dans un pays est inversement proportionnel au taux de prescriptions d'antidépresseurs. Cela dit, le rôle éventuellement déclencheur de conduites suicidaires au moment de la mise en place d’un traitement antidépresseur est connu, d’où des mises en garde concernant ces prescriptions chez les enfants et adolescents, avec notamment la mise en place d’une surveillance particulière pour détecter précocement tout signe suicidaire...

5. Tous les médecins peuvent prescrire des antidépresseurs.

Vrai et faux. La majorité des prescriptions sont effectuées par les médecins généralistes. Mais l’initiation du traitement chez les moins de 18 ans se fait par des médecins spécialistes en pédiatrie et/ou en psychiatrie.

6. Pas d'antidépresseurs pendant la grossesse.

Vrai et faux. Les effets sur le fœtus sont insuffisamment connus. Il faut tenir compte des avantages et des inconvénients enprenant en compte les possibles effets délétères de la dépression de la mère sur le neuro-développement de l'enfant.

7. La dépression de l'enfant est un mythe.

C’est faux, 2,1 à 3,4 % des enfants et 14 % des adolescents souffrent de dépression.

8. Pas besoin de nouvel antidépresseur.

Faux, « on sait aujourd'hui que 50 % des sujets répondent imparfaitement à ces médicaments, au prix de souffrance, handicap et risque suicidaire ».

9. On peut soigner la dépression sans antidépresseurs.

C’est faux : « les psychothérapies n'ont pas d'effet sur les idées suicidaires en dépit de leur effet sur la dépression ». Quant aux traitements à base de plantes, ils n’ont pas fait la preuve de leur efficacité et ils peuvent être dangereux.

10. On peut changer d'antidépresseur en cas de rupture de stock.

C’est faux. La réactivité à un antidépresseur étant individuelle, un patient équilibré avec l’un de ces médicaments ne peut impunément être soumis à un autre traitement.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 23 Mai 2014 : 20h03
Mis à jour le Lundi 02 Juin 2014 : 16h30
Source : Communiqué de presse de l’Académie nationale de Médecine, 20 mai 2014.
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