Anti-inflammatoires anti-Alzheimer

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Lundi 04 Mars 2002 : 01h00
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La maladie d'Alzheimer est aujourd'hui reconnue comme la principale forme de démence chez l'adulte et sa fréquence augmente avec l'âge. L'explosion démographique de la population vieillissante en fait une priorité de recherche et de soins dans toutes les sociétés industrialisées. Si les données actuelles de la littérature concernant l'intérêt des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) restent contradictoires, une étude récente leur concède une action protectrice contre cette maladie.

Pourquoi suivre la piste des anti-inflammatoires ?

La maladie d'Alzheimer est caractérisée par la perte de neurones dans certaines régions du cerveau essentielles à la bonne activité. Beaucoup de causes sont susceptibles d'intervenir : la présence de certaines anomalies génétiques, l'exposition à quelques toxines, certains troubles vasculaires, l'accumulation de substances insolubles, etc. L'inflammation chronique est quant à elle, un concept développé depuis la fin des années 1980, sans qu'il y ait de facteurs spécifiques vraiment identifiés. Et, il est possible que la destruction des neurones déclenche à elle seule un processus inflammatoire local, lui-même à l'origine de nouveaux dégâts cellulaires.

Les AINS préviennent de la maladie d'Alzheimer lorsqu'ils sont pris au long cours.

C'est le résultat d'une étude de grande envergure, puisqu'elle a permis de suivre l'évolution de 6.989 personnes âgées de plus de 55 ans pendant près de 7 ans. Toutes étaient indemnes de démence au début de l'étude.Les auteurs ont défini quatre groupes : les non utilisateurs, les utilisateurs à court terme (moins d'un mois d'utilisation cumulée), à moyen terme (moins de 24 mois d'utilisation cumulée) et les utilisateurs à long terme (plus de 24 mois d'utilisation cumulée).Les AINS utilisés étaient, dans plus 90 % des prescriptions, l'une des 5 molécules suivantes : le diclofénac, l'ibuprofène, le naproxone, le piroxicam et l'indométacine.Les résultats montrent que pour un risque relatif de 1 chez les non utilisateurs, le risque de développer une maladie d'Alzheimer passe respectivement à 0,95, 0,83 puis 0,20 chez les utilisateurs à court, moyen et long terme.Il faut noter que ce résultat est indépendant de l'âge et que l'utilisation des AINS ne diminue pas le pourcentage de développement d'autres types de démence (comme la démence vasculaire).

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Lundi 04 Mars 2002 : 01h00
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