Fécondité/contraception : attention aux anti-inflammatoires !

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 04 Février 2002 : 01h00
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Les anti-inflammatoires, couramment utilisés pour atténuer la douleur liée à certaines pathologies, peuvent diminuer la fécondité des femmes sous traitement. A l'inverse, ils annulent l'effet contraceptif du stérilet. Qu'elles souhaitent ou qu'elles ne souhaitent pas avoir d'enfants, les femmes doivent donc être averties !

Les anti-inflammatoires sont des médicaments couramment utilisés en médecine de ville. Ils sont de deux sortes : les stéroïdiens dont le chef de file est la cortisone et les non-stéroïdiens ou AINS, parmi lesquels on trouve l'aspirine, les ibuprofènes (Nureflex), le Nifluril, le Voltarène…etc. Tous agissent contre la réaction inflammatoire. Cette réaction inflammatoire est une réaction de défense naturelle de notre organisme face à une infection ou à un traumatisme. Elle est donc bénéfique la plupart du temps, mais elle peut parfois être gênante par la douleur qu'elle provoque. Ainsi, les AINS sont prescrits pour de multiples raisons : en rhumatologie pour combattre les douleurs de l'arthrose, en traumatologie en cas d'entorses, de fractures ou de plaies profondes. Ils sont également utilisés en cas de coliques néphrétiques ou de règles douloureuses. Bref, nous avons tous été amenés un jour ou l'autre à en absorber.

Mais les anti-inflammatoires et notamment les non-stéroïdiens (AINS, Piroxicam®, Naproxène® et Diclofénac®) et les anti-cox2 comme le célécoxib (Celebrex®) et le le rofécoxib (Vioxx®), agissent en bloquant la production des prostaglandines par notre organisme. Ces substances sont impliquées dans le développement de la réaction anti-inflammatoire, mais elles agissent également à plusieurs niveaux sur les mécanismes de la procréation. Aucune des étapes n'est épargnée : elles jouent des rôles importants dans l'ovulation, la fécondation et également au moment de l'implantation dans l'utérus.Au cours d'un traitement par anti-inflammatoires, l'organisme ne produira plus de prostaglandine. Conséquence : chez les femmes suivant de tels traitements, l'ovulation sera empêchée ou retardée. Et même si la fécondation par un spermatozoïde a quand même eu lieu, les chances de nidification de l'œuf dans l'utérus sont également moins grandes.A savoir pour celles qui attendent impatiemment la venue d'un bébé ! Mais rassurez-vous la fécondité revient quelques semaines après l'arrêt du traitement.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 04 Février 2002 : 01h00
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