L'air respiré à l'école influence les performances scolaires

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 19 Juillet 2005 : 02h00
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Très mal aérées, les salles de classe des écoles imposent à nos enfants un air vicié. Cette atmosphère, encore plus polluée qu'à l'extérieur, est délétère et affecte notamment les performances scolaires des élèves.

Lors d'un colloque à Paris, organisé par le réseau Recherche santé environnement intérieur, plusieurs études européennes de terrain ont été présentées. Les conclusions sont formelles : les écoles sont mal aérées et ce confinement favorise les concentrations de polluants. Au final, nos enfants respirent dans leurs salles de classe un air plus pollué qu'à l'extérieur. Ce constat entraîne des conséquences importantes.

Selon une enquête danoise menée entre 2003 et 2005, les résultats des élèves diffèrent en fonction des conditions de ventilation des locaux scolaires. Les résultats des tests de lecture et de compréhension sont deux fois meilleurs lorsque le volume d'air renouvelé est multiplié par deux, passant de 4,2 à 8,4 litres. Cette variation de la performance scolaire des enfants est très certainement applicable aux petits Français, car aucune des onze écoles françaises visitées en 2001 par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur ne respectait les renouvellements d'air réglementaires de 15 m3 par heure et par personne, nécessaire à la dispersion des polluants. Le débit maximal constaté était de 10 m3. La grande majorité des écoles ne disposent pas de ventilation mécanique, et lorsque c'est le cas, elle n'est le plus souvent pas entretenue.

" Sick building syndrome "

Les victimes de cette pollution latente souffriraient du syndrome des bâtiments malsains : maux de tête, vertiges, nausées, états de somnolence, pertes d'attention, etc. Mais cette mauvaise qualité de l'air intérieur peut également favoriser les manifestations allergiques et l'asthme. Quand on réalise que les élèves y passent 6 à 8 heures par jour c'est plutôt inquiétant !

D'où vient la pollution ?

Comme dans tous lieux fermés, une grande partie des substances polluantes est représentée par le formaldéhyde, un conservateur présent dans une très grande quantité de produits : mobilier, panneaux de bois agglomérés, vitrification de parquet, produits nettoyants, revêtements stratifiés, colles, feutres, effaceurs, etc. Et il peut être émis par le mobilier pendant plusieurs annéesAu final, on comprend qu'il est difficile de s'en préserver totalement. Et pourtant, le formaldéhyde est un gaz particulièrement toxique, au pouvoir irritant et allergisant. Il a été classé cancérigène de niveau 1 par le Centre international de recherche sur le cancer. Il provoque des cancers du rhino-pharynx, des fosses nasales et des sinus, avec de forts soupçons sur son implication dans les leucémies.

Il faut donc AERER inlassablement TOUS LES JOURS, à l'école, au travail, mais aussi chez soi !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 19 Juillet 2005 : 02h00
Source : Colloque du Réseau recherche santé environnement intérieur, 4 juillet 2005.
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