Voyage en Argentine : les touristes doivent-ils désormais payer leurs soins à l’hôpital ?

Publié par Freya Yophy
le 12/08/2026
hopital argentine
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L’Argentine rompt avec un siècle de tradition médicale universelle en instaurant la facturation des soins aux étrangers non-résidents depuis le 11 août 2026.

Pendant des décennies, les hôpitaux publics argentins ont accueilli gratuitement les patients, indépendamment de leur nationalité ou de leur statut migratoire. Cette tradition a été profondément modifiée par le décret 366/2025, entré en vigueur le 29 mai 2025. Pour les voyageurs étrangers, cette réforme impose de nouvelles précautions administratives et financières avant le départ.

Identifier les voyageurs concernés

Le décret distingue principalement les résidents permanents des étrangers de passage. Les personnes titulaires d’une résidence permanente continuent d’accéder au système public national dans les mêmes conditions que les citoyens argentins.

En dehors des urgences, les touristes et autres visiteurs temporaires doivent en revanche présenter une assurance médicale ou régler la prestation avant de recevoir des soins dans un établissement de santé administré par l’État national.

La situation des résidents temporaires dépend davantage de la juridiction. À Buenos Aires, par exemple, une réglementation locale leur garantit les mêmes conditions d’accès qu’aux ressortissants argentins. Les provinces disposent en effet d’une autonomie importante pour organiser leur système sanitaire.

Le précédent controversé de la province de Salta

La réforme nationale s’inspire notamment de mesures adoptées en 2024 par la province frontalière de Salta. Celle-ci facture les soins dispensés aux étrangers non résidents, sauf lorsque leur état nécessite une intervention urgente.

Selon le gouvernement provincial, l’hôpital San Vicente de Paul d’Orán avait accueilli 31 561 patients étrangers en 2023, contre 77 au cours de la période suivant l’instauration de la facturation en 2024. Sur l’ensemble des cinq premiers mois de 2025, Salta indiquait avoir comptabilisé 141 prises en charge facturées.

Les autorités provinciales affirment que les économies réalisées ont contribué au financement de 34 ambulances supplémentaires. Ces chiffres émanent toutefois du gouvernement de Salta et ne constituent pas une évaluation indépendante de la réforme.

Les urgences ne peuvent pas être refusées

Le décret national reste très clair sur un point : aucun étranger ne peut se voir refuser ou restreindre l’accès aux soins lorsqu’il se trouve en situation d’urgence, quelle que soit sa situation migratoire.

Un accident grave, une hémorragie, un infarctus du myocarde ou une suspicion d’accident vasculaire cérébral doivent donc être pris en charge immédiatement. En présence de signes évocateurs d’un AVC, il faut rejoindre sans attendre le service d’urgence le plus proche.

Attention cependant : le droit à une intervention urgente ne signifie pas nécessairement que l’intégralité des frais sera définitivement effacée. Selon l’établissement et la province, une facture peut être transmise ultérieurement au patient ou à son assureur.

Souscrire une assurance avant le départ

Le décret prévoit que les étrangers déclarent disposer d’une couverture médicale lors de leur entrée en Argentine. Les modalités pratiques n’étant pas encore appliquées uniformément, cette attestation ne serait pas systématiquement contrôlée aux frontières.

Il reste néanmoins vivement recommandé de souscrire une assurance santé ou une assistance voyage couvrant les consultations, l’hospitalisation, les actes chirurgicaux et un éventuel rapatriement.

Avant le départ, vérifiez également les plafonds d’indemnisation, les exclusions liées aux maladies préexistantes et la nécessité d’obtenir l’accord de l’assureur avant une hospitalisation. Conservez enfin votre attestation et le numéro d’assistance dans votre téléphone, mais aussi sur un document papier facilement accessible.

Sources externes

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