Vous allez rendre visite à un proche en maison de retraite ? Voici quelques règles de bonne conduite...
Publié le 18 Février 2002 à 1h00 par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue
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Que faut-il savoir ?

La vie en collectivité majore le risque de transmission des infections et une collectivité de personnes âgées est particulièrement fragile. Les infections contractées au sein d'un établissement (maison de retraite ou hôpital), sont appelées les infections nosocomiales. Véritable cauchemar pour les équipes soignantes, elles sont à l'origine de problèmes de santé dont le sujet âgé et fragile se passerait bien. Souvent longues à traiter, car plus résistantes que les autres aux traitements antibiotiques, elles sont responsables de 2 % des décès en France. Depuis quelques années, on s'est beaucoup soucié de limiter leur transmission par le personnel soignant, l'environnement et le matériel. Il faut maintenant associer à cette lutte les patients eux-mêmes chaque fois que c'est possible et les visiteurs réguliers ou occasionnels.

Que faut-il craindre ?

Les infections urinaires, pulmonaires et cutanées représentent la plupart des infections nosocomiales. Elles sont d'autant plus difficiles à combattre que la personne atteinte est fragilisée par d'autres pathologies, comme des troubles du transit, une insuffisance respiratoire ou un diabète: ce n'est pas rare quand l'âge augmente. Il faut donc protéger les personnes fragiles d'un voisinage infecté, mais aussi se protéger soi-même quand on est en visite… Il n'est pas utile de rapporter des germes à la maison !

Que faut-il faire ?

  • Lire les affiches ou les livrets d'information dès votre entrée dans l'institution.
  • Ne pas hésiter à poser des questions aux équipes soignantes: « puis-je offrir le chocolat, (attention au diabète), les plantes vertes ou les fleurs que j'ai apportés? ».
  • Insister (quand on la connaît bien) pour que la personne visitée se lave les mains avec du savon, surtout à certains moments de la journée: avant et après le repas, avant et après chaque passage aux toilettes. Si l'autonomie est limitée, il existe des lingettes à usage unique qui peuvent, à défaut, éviter quelques déplacements vers un lavabo. Mais elles ne remplacent en aucun cas de l'eau et du savon.
  • Signaler au personnel toute insuffisance d'hygiène des sanitaires.
  • Ne pas s'asseoir sur le lit, ne pas y déposer son manteau ou ses affaires.
  • Ne pas boire dans le verre de la personne à qui vous rendez visite.
  • Utiliser les toilettes visiteurs et non celles du résident.
  • Se laver les mains après avoir passé un moment prolongé à proximité du résident et surtout si vous allez saluer quelqu'un dans une autre chambre. Procéder à un lavage soigneux et immédiat en cas de contact avec les liquides biologiques (urines, crachats, selles…).
  • Respecter, quand il y en a, les consignes d'isolement (restriction des déplacements du résident, parfois utilisation de gants, masques ou blouses).
  • Faire attention aux enfants (ils auront plus de difficultés à suivre les consignes), ou aux groupes importants (plus de 3 visiteurs), moins faciles à discipliner…

Mais surtout...

  • Toujours, toujours proposer de boire un peu d'eau. En arrivant et avant de repartir. Au grand âge on ne sent plus la soif, mais on en souffre d'autant plus. Une gorgée de temps en temps en cours de conversation, surtout s'il fait chaud, c'est déjà énorme.
  • En l'absence de contre-indication médicale, proposer une promenade, toujours. À pied ou en fauteuil, prendre quelques bouffées d'air frais est un plaisir qu'on refuse rarement. Les personnes âgées n'ont parfois besoin que d'un peu d'aide pour le faire et, en dehors de la votre, il n'y en aura pas des centaines…

...Et enfin

N'oubliez pas pourquoi vous êtes venus: rendre visite, tout simplement. Les contraintes dues à la prévention des problèmes d'hygiène ne doivent pas prendre le pas sur une relation affective ou sociale: elles doivent juste devenir des réflexes et ne pas alimenter la psychose.Discuter ou raconter, donner des nouvelles de ceux qui étaient proches, serrer une main ou prendre dans ses bras, montrer son affection…C'est considérer l'autre comme vivant.