Veines : ne les accablez pas !

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L’été n’est pas la bonne saison quand on souffre d’insuffisance veineuse… Quelques conseils pour voyager sans encombre et profiter des vacances malgré soleil et chaleur.

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L'insuffisance veineuse en été

L’été, on montre ses jambes, les femmes surtout, en maillot de bain, short, bermuda, jupe ou robe légère. Malheureusement, sous l’effet de la chaleur, les troubles veineux s’accentuent et chevilles gonflées, varicosités et varices sont des plus disgracieuses… Le problème n’est pas nouveau. Depuis que l’Homme a adopté la position debout, le sang doit lutter contre l’effet de la pesanteur pour remonter des membres vers les poumons et le cœur où il évacue le gaz carbonique et se recharge en oxygène. Alors que les artères bénéficient des contractions du cœur et sont constituées de fibres élastiques, les parois des veines sont bien plus minces, contiennent moins de tissus musculaires et sont peu extensibles.

Elles disposent cependant de quatre mécanismes pour assurer le retour veineux.

  • Des valvules qui fonctionnent comme des clapets antireflux. Elles s’ouvrent pour laisser passer le sang puis se ferment pour l’empêcher de redescendre.
  • La pompe veineuse de la voûte plantaire. En marchant, le poids du corps s’exerce sur l’ensemble de la plante des pieds et propulse ainsi le sang vers le mollet.
  • Les contractions des muscles du mollet lors des activités, notamment de la marche.
  • La respiration. Les mouvements du diaphragme produits à chaque inspiration et expiration permettent au sang présent dans les cuisses et l’abdomen de remonter.

Bien évaluer les risques

Faites-vous partie des 22 millions de Français insuffisants veineux ? Si vos deux parents ont ou avaient des varices, c’est probable car l’hérédité compte beaucoup. Avec un seul parent atteint, le risque tombe de 90 % à 25 % pour les garçons, mais à 60 % pour les filles.

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Causes personnellesPour l’instant, on ne peut rien faire contre la génétique. Pas plus que contre les deux autres grands facteurs de risque. L’âgeComme les autres organes, les veines vieillissent, se détériorent et le risque d’avoir des varices augmente. De 15 % à 35 ans, il atteint 65 % à 75 ans. Le sexe fémininUne femme sur deux est touchée contre un homme sur quatre. En cause, les modifications hormonales (puberté, pilule, grossesse, ménopause) qui se agissent sur les parois veineuses. Pendant la grossesse, s’ajoutent la compression des veines abdominales et une augmentation du volume sanguin.Situations à risqueD’autres facteurs, favorisants ou aggravants, tiennent au mode de vie et aux activités.Voyages de longue duréeSurtout les trajets en avion. La position assise sur un siège étroit, les jambes repliées, bloque le retour veineux. Dépressurisation et sécheresse de l’air jouent aussi un rôle.Certaines professionsLes métiers qui obligent à rester debout ou assis et à piétiner, dans une atmosphère chaude et humide, ou encore à porter des charges lourdes entraînent un ralentissement de la circulation de retour favorisant la stagnation du sang.SédentaritéElle nuit au bon fonctionnement de la pompe veineuse du mollet. SportsCeux avec des sauts ou à-coups importants sur les membres inférieurs. Pratiqués de manière intensive, ils ébranlent la colonne veineuse : tennis, squash, course sur surface dure, volley-ball, basket-ball, escrime, judo. Les sports qui provoquent des hyperpressions (haltérophilie, aviron) ou bloquent les articulations (équitation) gênent aussi la circulation veineuse. Obésité et surpoidsLa graisse située dans les tissus sous-cutanés vient comprimer le réseau veineux, gênant ainsi le retour du sang. Chaleur et soleilIls favorisent une dilatation des veines qui empêche les valvules de remplir leur rôle d’antireflux. Ce qui explique que les jambes sont plus lourdes et gonflées l’été. Gare aux complicationsNe sous-estimez pas ces facteurs de risque. Sans précautions, changements de mode de vie et traitements adaptés, l’insuffisance veineuse s’aggrave et les symptômes (jambes lourdes, chevilles enflées, fourmillements) deviennent plus douloureux et difficiles à supporter. Apparaissent des varicosités, sortes de filaments rouges ou violets sous la peau, ou des varices inesthétiques. Réagissez dès le début sous peine de complications : rupture de cordon variqueux avec hémorragie, phlébite, thrombose, eczéma et ulcère variqueux.Prendre ses veines en mainsQuel que soit le stade de votre insuffisance veineuse, vous avez toujours intérêt à prendre des mesures pour soulager les symptômes, mais aussi pour empêcher que la maladie veineuse s’aggrave.Compression, la solutionLes autorités de santé recommandent avant tout de porter des chaussettes, bas autofixants, leggings, collants de compression pour réduire la dilatation des veines et augmenter la vitesse d’écoulement du sang veineux. Aujourd’hui, ce n’est plus un problème car ces articles sont esthétiques. Certaines gammes sont cependant plus perfectionnées et élégantes que d’autres (coloris et motifs modernes, matière agréable à porter). À l’exception des modèles dits de confort (classe 0), également vendus en pharmacie, qui rendent service en cas d’insuffisance veineuse légère, les articles de compression sont remboursés sur prescription du médecin. C’est lui qui choisit la classe de la compression adaptée à votre cas (1 à 4). Mais c’est le pharmacien qui prend vos mesures (tours de cheville, mollet, cuisse, hanches, hauteur) avant de passer commande.Pour les enfiler facilement, retournez complètement la chaussette ou le bas jusqu’à hauteur du talon, introduisez le pied et remontez doucement la chaussette ou le bas le long de la jambe. Si l’enfilage est difficile, superposez deux articles de classe inférieure. Exemple : classe 2 + classe 1 = classe 3. N’oubliez pas de les mettre avant d’entrer dans l’avion pour un vol long-courrier.Phytothérapie et homéopathie VeinotoniquesPrésentés en gélules, solutions buvables, comprimés, ampoules, certains sont des molécules de synthèse, mais la plupart sont à base de plantes reconnues pour leurs effets bénéfiques sur la circulation sanguine et sur l’inflammation, responsable de douleurs et d’œdèmes. Ils peuvent se prendre en complément des bas de maintien ou bien l’été en cures de 2 à 3 mois. Certaines plantes entrent aussi dans la composition de produits homéopathiques. Gels et huiles essentiellesDans les gels sont souvent ajoutés aux plantes menthol, menthe poivrée ou camphre pour apporter en plus une sensation de fraîcheur. Les massages d’huiles essentielles (cyprès, ciste, lavande) soulagent également.Cures thermalesParmi les 13 stations françaises spécialisées en phlébologie : Jonzac et Rochefort-sur-Mer (17), Argelès-Gazost (65), La Léchère-les-Bains (73), Dax (40).Avis d'expertDr Luc Bodin, Spécialiste en médecines douces.« De nombreuses plantes ont des effets positifs sur les veines au moins comparables à ceux des molécules de synthèse. »Quelles sont les principales plantes ?Certaines tonifient les veines et stimulent les fibres musculaires situées à l’intérieur des parois veineuses, favorisant ainsi la constriction des veines : l’hamamélis, autant par voie interne que par voie externe, et le fragon (petit houx). D’autres ont des propriétés antioxydantes et préviennent ainsi la dégradation de la couche interne et des fibres de collagène des parois veineuses : marronnier d’Inde, vigne rouge, cyprès, extraits de pépins de raisin, cassis. D’autres encore fluidifient le sang et permettent de prévenir dans une certaine mesure la survenue de phlébite : ginkgo biloba et mélilot. Et les principaux remèdes homéopathiques ?L’hamamélis, Hamamelis virginiana, est indiqué quand les veines sont dilatées et sensibles au toucher et le marronnier d’Inde, Aesculus hippocastanum, en cas de congestion, avec sensations de pesanteur et de chaleur dans les jambes aggravées par la chaleur et la station debout. Mais il y a d’autres composés, conseillés selon les situations et les symptômes : Fluoricum acidum, Calcarea fluorica, Pulsatilla, Vipera, Silicea, Hydrastis canadensis, etc.Saisir l'occasion des vacancesLa période estivale vous permet des activités bénéfiques à vos veines.MarcherAu moins une demi-heure par jour avec des chaussures confortables, à semelles souples, mais pas en plein soleil. Chez vous, marchez pieds nus aussi souvent que possible si possible sur le carrelage frais. Marchez dans l’eau jusqu’à mi-cuisse. L’eau exerce une pression à la fois douce, ferme et bien répartie sur la jambe, plus forte aux chevilles. Pratiquer une activité physique adaptéeMarche, vélo, gymnastique douce, aquagym favorisent le drainage sanguin. La nage quant à elle stimule la circulation.Compression, les bons gestesLe port de bas, collants ou chaussettes de compression accentue la sécheresse cutanée. Si votre peau a tendance à se dessécher, appliquez chaque soir sur les jambes une crème hydratante et nourrissante.Si vous avez peur que vos bas autofixants ne tiennent pas, il existe des solutions en pharmacie : colle hypoallergénique conçue pour fixer les bas sur la peau et ceintures attache-bas, dont certaines pour les hommes.Quand vous enfilez bas ou chaussettes, attention aux bagues et aux ongles longs ou cassés qui peuvent les trouer. Soignez vos pieds s’ils sont calleux, fendillés ou crevassés avec une crème à l’urée et une râpe adaptée (en pharmacie).Si vous avez du mal à les mettre, à cause de votre poids ou de rhumatismes par exemple, pensez à demander au pharmacien une aide : étuis glissants, enfile-bas à armature métallique, extenseurs.Autres solutions

Quand veinotoniques et compression ne suffisent pas, place aux injections (non douloureuses) de produit sclérosant dans les varicosités et les petites varices, pratiquées par le phlébologue. Ou à la chirurgie (stripping) quand elles sont plus volumineuses.

À lire "Bien dans mes jambes"

Pour tout savoir sur les lourdeurs, varices, cellulite, crampes, eczéma... vous trouverez des explications sur les mécanismes de l’insuffisance veineuse et ses complications, et des conseils pour les éviter ou les traiter et vivre mieux dans la vie de tous les jours. Dr Luc Bodin, ed. J. Lyon

Publié le 22 Juillet 2013 | Mis à jour le 24 Juillet 2015
Auteur(s) : Evelyne Oudry
Source : Magazine Bien-Etre & Santé n°303 de Juillet-Août 2013