Usine à bronzage, " formellement déconseillée "

La quantité d'UV artificiels reçue lors des séances de bronzage en cabine entame votre « capital soleil », en se cumulant à celle reçue naturellement d'année en année. Cette pratique favorise ainsi l'apparition de cancer cutané, dont le plus redoutable, le mélanome, est mortel dans un cas sur cinq. Parallèlement, les UVA utilisés en cabine de bronzage sont aussi dangereux que les UVB, voire plus !
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En juin dernier déjà, l'Académie de médecine rappelait les dangers liés à l'usage des cabines de bronzage. Pourtant, le succès de ces usines à bronzage ne cesse de s'accroître, de nouveaux centres ouvrent tous les jours et leur fréquentation est en constante augmentation.L'année passé, on dénombrait déjà plus de 200 centres de bronzage, 3.200 instituts équipés et 40.000 bancs solaires, tout en notant une croissance de 30% par an au cours des quatre dernières années. Les femmes sont loin d'être les seules à recourir aux UV artificiels, puisque 45% de la clientèle sont des hommes.

Cette année, le ton monte. L'Académie de médecine « déconseille formellement » l'usage de cette pratique, laquelle est « néfaste » et n'apporte « aucun bénéfice en termes de santé » !

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Les UVA utilisés dans les cabines de bronzage, sont au moins aussi dangereux que les UVB, réputés pour donner des coups de soleil. Cette exposition artificielle se cumule à l'exposition naturelle, augmentant le risque de cancers cutanés. En 2000, plus de 7.000 nouveaux cas de mélanomes malins ont été enregistrés en France. Ce cancer cutané redoutable est mortel dans un cas sur cinq. Ce constat ne s'améliore pas puisque la fréquence des cancers de la peau s'accroît de 10% chaque année.

De plus, l'encadrement minimal du bronzage artificiel est bafoué : les contre-indications ne sont pas annoncées aux clients (problèmes dermatologiques, affaiblissement du système immunitaire, médicaments à effet photosensibilisateur) ; la puissance des appareils étant très variable, le temps d'exposition préconisé est rarement adéquat, ni en accord avec le type de peau ; le délai de 48 heures, fixé entre deux séances, est trop faible ; au-delà des deux premières séances d'expositions, il n'est même plus respecté ; les forfaits et autres cartes de fidélité, la publicité et autres promotions poussent à la consommation ; les mineurs sont très souvent acceptés ; la formation du personnel est insuffisante et mal adaptée, etc.

Les académiciens sont en colère : les risques cancérigènes sont connus, mais ce « commerce lucratif » se poursuit (et prend une grande ampleur) du fait d'une réglementation insuffisante, rarement appliquée et dont les manquements ne sont pratiquement jamais sanctionnés.

Pour finir, si rien ne peut vous faire changer d'avis et que vous persistez à vous rendre dans une usine à soleil, faites-vous suivre médicalement régulièrement, et cela, pendant plusieurs années. Certaines tumeurs malignes mettent de nombreuses années avant de se manifester…

Publié le 12 Mai 2004
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
Source : Rapport " Soleil et Santé ", Académie de médecine, mai 2004, http://www.
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academie-medecine.fr/upload/base/rapports_187_fichier_lie.rtf.