Une femme meurt sur un brancard 12h après son arrivée aux urgences

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Une patiente est décédée aux urgences de l’hôpital Lariboisière à Paris, 12 heures après son arrivée, sans avoir été vue par un médecin. Les circonstances de ce décès restent inexpliquées.

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Que s’est-il passé aux urgences de l’hôpital Lariboisière à Paris ? Mardi 18 décembre 2018 à 6h20, une femme de 55 ans a été retrouvée morte sur un brancard, 12 heures après son admission. Son décès reste pour le moment inexpliqué. Le parquet de Paris et l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont tous deux ouvert une enquête pour faire la lumière sur cet événement.

"Elle n’a pas vu de médecin"

L’affaire aurait commencé le lundi 17 décembre au soir. "[La femme] souffrait de céphalée et de fièvre, et n’avait pas réussi à trouver un médecin en ville, et elle s’est donc rendue aux urgences" explique au Parisien le docteur Patrick Pelloux, médecin urgentiste et président de l’Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF). "Elle est arrivée à 18h40 à Lariboisière. Là elle a été vue par une infirmière d’accueil qui a estimé que son état n’était pas grave, et qu’elle devait patienter, comme pour beaucoup d’autres patients" ajoute-t-il. "Son décès a ensuite été constaté à 6h20 mardi matin par le personnel des urgences au moment du changement d’équipes. Elle était décédée sur son brancard" détaille le médecin. Ce qu’il s’est passé au cours de ces 12 heures reste pour le moment très flou. "Il est sûr en tout cas qu’elle n’a pas vu de médecin", note le docteur Pelloux.

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Un système des urgences à bout de souffle

Cette affaire relance la question de la saturation des services d’urgences en France, comme en témoigne le docteur Patrick pelloux dans les colonnes du Parisien : "cela montre que le système des urgences est en train de craquer. A l’hôpital Lariboisière ils ont 300 passages par jour, avec des urgences médicales et médico-sociales. C’est très difficile de distinguer dans cet afflux les cas graves des pas graves. Cela interpelle sur l’organisation. Il faut savoir qu’il y a 21 millions de passages aux urgences en France, il faut une réforme réorganisationelle très rapide."

Invitée sur le plateau du journal télévisé de 19 heures le 19 décembre sur France 3, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a elle aussi réagi à cette affaire tout en restant prudente : "nous attendons l’enquête" a-t-elle débuté, avant d’ajouter qu’"il ne [fallait] pas forcément mettre cela sur un problème de moyen, c’est aussi peut-être un problème de procédure" et qu’ "il [fallait] vérifier que toutes les procédures mises en œuvre dans les services d’urgence [avaient] bien été respectées". Enfin, à la question "y-a-t-il eu défaillance dans la prise en charge de cette patiente", la ministre a répondu : "Elle est décédée, donc forcément."

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