Travail et canicule : les nouvelles obligations légales depuis le décret de 2025
La législation évolue pour s'adapter au réchauffement climatique et protège activement les travailleurs. Issue du traumatisme de 2003, la réglementation passe d'une gestion de crise à une prévention intégrée au quotidien pour freiner l'augmentation des accidents du travail liés aux hausses de température.
Évaluer systématiquement le risque thermique
Depuis le 1er juillet 2025, la loi impose d'inscrire les dangers liés aux épisodes de chaleur intense dans le document unique d'évaluation des risques professionnels. Cette obligation concerne chaque unité de travail, des entrepôts aux bureaux fermés. Les actions préventives s'ajustent directement sur la vigilance de Météo-France. L'employeur doit identifier en amont les salariés fragiles, particulièrement ceux touchés par une maladie chronique ou une grossesse.
Garantir l'accès à l'eau et aménager les horaires
Les simples conseils de bon sens laissent place à des moyens matériels exigibles. L'accès à une source d'eau fraîche et gratuite à proximité immédiate des postes est obligatoire. Pour les chantiers extérieurs, la loi impose 3 litres d'eau par jour et par travailleur, une règle soumise à des contrôles inopinés de l'inspection du travail.
Les entreprises adaptent les locaux en améliorant l'isolation ou la ventilation, sans rendre la climatisation systématique. La direction privilégie le décalage des horaires et reporte les tâches physiques exigeantes. Même s'il n'existe pas de température maximale légale, franchir le seuil des 30°C pour une activité physique alerte sur un danger immédiat.
Chaleur au travail : vos droits en 5 points
✔️ Accès à de l'eau fraîche à proximité du poste de travail.
✔️ Adaptation des horaires et des tâches physiques si nécessaire.
✔️ Évaluation du risque chaleur dans le document unique.
✔️ Signalement des situations dangereuses via le CSE.
✔️ Possibilité d'exercer son droit de retrait en cas de danger grave et imminent.
Faire valoir ses droits face à la chaleur
Les représentants du comité social et économique interviennent directement pour signaler l'absence de zones d'ombre ou d'hydratation. Le salarié conserve la possibilité d'exercer son droit de retrait s'il estime que ses conditions de travail menacent sa santé, par exemple lors d'une exposition prolongée à plus de 33°C sans aucun aménagement.
Les employeurs s'exposent à des sanctions sévères et engagent leur responsabilité civile en cas de malaise. Pour limiter ces risques, les équipes reçoivent une formation spécifique afin de repérer les symptômes d'alerte comme les étourdissements, les maux de tête ou les crampes.
Avec le réchauffement climatique, les épisodes de forte chaleur deviennent un enjeu majeur de santé au travail. Employeurs et salariés sont désormais appelés à adopter une véritable culture de prévention afin de limiter les risques de déshydratation, de malaises ou d'accidents. Une meilleure anticipation et une vigilance partagée permettront de préserver la santé des travailleurs face à des étés de plus en plus éprouvants.