La thérapie épigénétique : une piste prometteuse

Une nouvelle famille de médicaments anticancéreux qui agissent sur la structure des chromosomes vient d’être testée chez des patients atteints de cancers du poumon avancés et résistants aux traitements classiques.
© Istock

S’il est depuis longtemps établi que les cancers sont le résultat de lésions génétiques (on parle de « mutations »), il a plus récemment été découvert qu’ils peuvent aussi être causés par des altérations dites « épigénétiques ». Ces altérations correspondent à des modifications de la structure des chromosomes qui entraîne un fonctionnement anormal du patrimoine génétique de la cellule. Contrairement aux mutations génétiques, ces altérations épigénétiques sont réversibles.

Cette découverte a conduit de nombreuses équipes de chercheurs à étudier la possibilité de traiter les cancers en « réparant » les S portées par les cellules tumorales. Plusieurs médicaments susceptibles d’agir ainsi ont été mis au point. Deux d’entre eux (azacitidine et entinostat) viennent d’être testés chez 45 patients souffrant de cancers du poumon non à petites cellules de stade avancé, présentant des métastases et résistants aux chimiothérapies disponibles.

Ce traitement a permis d’améliorer l’espérance de vie d’une partie des patients. Chez deux d’entre eux, une réduction importante de la taille des tumeurs, voire leur disparition complète, a pu être observée. A l’issue de la thérapie épigénétique, 19 des 45 patients ont reçu un nouveau cycle de chimiothérapie. Contre toute attente, alors que leurs tumeurs étaient auparavant résistantes à ce type de médicaments, ce cycle de chimiothérapie a bien fonctionné chez quatre patients.

Ces résultats sont à mettre en parallèle avec ceux d’un autre essai clinique visant à tester l’efficacité de l’entinostat chez des patientes atteintes de cancers du sein de stade avancé*. Là encore, le traitement épigénétique semble conduire à une augmentation de l’espérance de vie.

Toutes ces données sont très encourageantes. Cependant, d’autres études sont encore nécessaires pour vérifier l’efficacité et la sécurité de ces nouveaux médicaments et pour parvenir à identifier les patients chez lesquels ils sont efficaces.

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Source : ARC - Juergens et coll., « Cancer Discovery », décembre 2011.
* Résultats présentés lors de la conférence internationale « Molecular targets and cancer therapeutic » qui s’est tenu du 12 au 16 novemebre 2011 à San Francisco.