Alerte sanitaire à La Réunion : pourquoi la leptospirose et le paludisme regagnent du terrain en 2026

Publié par Freya Yophy
le 03/03/2026
rat ville
Istock
Face à une recrudescence exceptionnelle de la leptospirose et à la réémergence de cas de paludisme et de mpox, les autorités sanitaires réunionnaises déclenchent l'alerte. Entre conditions climatiques extrêmes et circulation virale importée, découvrez les chiffres clés de l'ARS et les mesures urgentes de protection à adopter dès maintenant sur l'île.

La situation sanitaire sur l'île intense préoccupe grandement les services de l'État en ce début d'année. Les pluies diluviennes de l'été austral, combinées à une reprise intense des échanges régionaux, ont créé un terreau favorable à la multiplication des pathogènes. 

Cette convergence de facteurs expose la population à des risques infectieux multiples qu'il ne faut surtout pas sous-estimer, rappelant l'importance cruciale de la prévention individuelle et collective.

Leptospirose : une flambée épidémique après les pluies

Les données sont alarmantes et confirment une circulation active de la bactérie sur le territoire. Avec 58 cas confirmés enregistrés au 27 février 2026, la courbe des contaminations suit dangereusement celle de l'année record 2024. 

Le bilan humain est déjà lourd avec 14 hospitalizations, dont cinq patients placés en soins critiques, et malheureusement un décès à déplorer. Le secteur Sud et l'Est de l'île restent les zones les plus touchées par ce phénomène. Cette infection bactérienne frappe souvent après de fortes précipitations, lorsque les habitants s'activent au nettoyage ou au jardinage sans équipement adéquat.

Il est impératif d'assurer une protection contre la leptospirose après les fortes pluies en portant systématiquement des bottes et des gants, car le contact avec la terre ou l'eau souillée par l'urine de rat est le principal vecteur. 

Reconnaître les symptômes de la leptospirose à La Réunion en 2026, qui peuvent s'apparenter à une grippe sévère, est vital pour une prise en charge rapide et pour éviter les complications graves.

Paludisme et mpox : surveiller les retours de voyage

Au-delà des risques environnementaux locaux, l'île fait face à une vague de pathologies importées qui complexifie le paysage sanitaire. Le bilan épidémiologique de Santé publique France à La Réunion en 2026 met en lumière une recrudescence inquiétante du paludisme avec 32 cas importés en seulement trois mois. 

La grande majorité de ces infections concernent des voyageurs de retour des Comores. Parallèlement, la mpox, anciennement variole du singe, s'installe avec six cas confirmés.

Si certaines infections sont directement liées aux risques sanitaires lors d'un voyage Madagascar-Réunion, d'autres cas sont désormais autochtones, signifiant que le virus circule localement entre des personnes n'ayant pas quitté le territoire. 

Cette transmission insidieuse impose une vigilance accrue concernant les cas de paludisme importé des Comores vers la Réunion et toute fièvre inexpliquée au retour de vacances. L'ARS surveille également de près les arboviroses, avec une douzaine de cas de dengue et de chikungunya signalés dans l'Ouest et le Sud.

Se protéger : les 3 réflexes indispensables

Face à ces menaces combinées, l'Agence Régionale de Santé a déployé des protocoles spécifiques pour endiguer la propagation. La règle d'or demeure inébranlable : toute fièvre survenant après un séjour en zone d'endémie doit être considérée comme un paludisme jusqu'à preuve du contraire. 

Pour la prévention virale, le dispositif de vaccination mpox dans les centres ARS de La Réunion est accessible pour les publics exposés ainsi que pour les cas contacts, idéalement dans les quatre jours suivant l'exposition.

Concernant la leptospirose, la lutte contre la prolifération des rongeurs est essentielle. Il faut se rappeler que l'urine de rat reste le vecteur principal et qu'une simple marche en "savates" dans une eau stagnante avec une égratignure minime suffit pour contracter la bactérie. 

Les professionnels et les pratiquants réguliers de loisirs en eau douce peuvent également s'appuyer sur le vaccin Spirolept pour renforcer leur immunité.

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