Syndrome prémenstruel : l'alcool jouerait un rôle

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Chez une femme sur dix, la sévérité du syndrome prémenstruel est associée à la consommation d'alcool d'après une revue de la littérature.

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Toute femme qui l'a déjà subi pourra le confirmer : le syndrome prémenstruel peut faire vivre un enfer. Mais à quoi est-il dû ? Une revue de la littérature, publiée dans le BMJ Open, évoque une piste surprenante. L'alcool aurait un impact sur la sévérité de ces symptômes.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont analysé 19 études menées sur 47 000 femmes. L'objectif était d'observer le lien entre le syndrome prémenstruel et la consommation d'une boisson alcoolisée.

Il semble que l'abstinence ait du bon. Par rapport aux femmes qui ne boivent pas, celles qui ont consommé de l'alcool sont 45 % plus à risque de souffrir de syndrome prémenstruel. Les patientes qui s'imbibent beaucoup sont 79 % plus exposées.

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"Nous estimons que 11 % des cas de syndrome prémenstruel peuvent être associés à la consommation d'alcool dans le monde, et 21 % en Europe", concluent les auteurs et autrices. Tout en précisant qu'aucune relation de cause à effet ne peut être affirmée.

Deux actions possibles

Comment expliquer cette association ? On sait que l'alcool a une action sur les récepteurs GABAergiques mais aussi sur plusieurs neurotransmetteurs régulateurs de l'humeur – dont la sérotonine.

Or, le syndrome prémenstruel se caractérise par de fortes variations de l'humeur : dépression, anxiété, crises de pleurs et irritabilité ne sont pas rares avant les règles.

Mais l'alcool est aussi soupçonné d'interférer avec les hormones stéroïdiennes et la gonadotrophine, dont la concentration varie au cours du cycle menstruel. Ce qui pourrait expliquer la baisse de libido, les troubles du sommeil ou encore les modifications de l'appétit qu'on observe lors d'un trouble prémenstruel.

Si ces résultats sont confirmés, ils pourraient avoir une portée importante sur le suivi des femmes souffrant de syndrome prémenstruel. Car une Française sur trois consomme de l'alcool chaque semaine. Et 20 à 40 % souffrent de formes modérées du syndrome. La forme sévère, elle, touche 3 à 8 % des femmes.

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