Soigner sa peau à table : pas de preuve scientifique !

Repris par les médias, l'espoir d'un rajeunissement cutané grâce à une bonne alimentation est maintenant largement répandu. Or scientifiquement, si les résultats des études « in vitro » et chez l'animal s'orientent plutôt en faveur d'un rôle préventif de certains nutriments, rien n'a encore été démontré chez l'homme.
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Certains aliments sont présentés comme de véritables produits de beauté « internes » capables de retarder le vieillissement de la peau. Or, toutes les données qui permettent de tenir ce raisonnement, proviennent d'études réalisées in vitro (sur des cellules en boîtes de culture) ou chez l'animal. De plus, très peu d'analyses permettent une extrapolation à l'homme. Pourtant, nombre d'européens, notamment de plus de 35 ans, utilisent des compléments alimentaires. Effectivement, l'intérêt de ces associations de minéraux, de vitamines et d'acides gras réside dans leur effet anti-radicaux (activation des systèmes de défense) et leur action sur la prolifération des cellules, deux phénomènes clés du vieillissement.

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Démonstration : l'exemple du zinc

Dans des éprouvettes, le zinc favorise la multiplication des cellules cutanées, leur différenciation, stimule la production de collagène, d'élastine et participe à l'élimination de certains éléments toxiques. Toutes ces actions interviennent dans le processus de vieillissement. Or « in vivo » chez l'homme, rien n'a été démontré, excepté une diminution avec l'âge du stock de zinc. En revanche, lors d'un déficit en zinc on observe effectivement des troubles de la cicatrisation, une chute de cheveux et des ongles, des manifestations qui sont également des signes de vieillissement et qui renforce le rôle protecteur supposé du zinc. C'est donc la convergence des études in vitro et de certains signes carentiels similaires à ceux du vieillissement qui tendent à pousser à la complémentation en zinc ou à la consommation d'aliments riches en zinc (fruits de mer, viandes, céréales).

Par ailleurs, les programmes de nutrition/santé de l'INSERM commence à intégrer le rôle de la nutrition dans le vieillissement cutané. En effet, la diminution progressive à partir de 35 ans des vitamines et minéraux légitime l'idée d'une supplémentation préventive.

Au final, les arguments indirects en faveur d'un effet de la nutrition sur le vieillissement sont nombreux, mais en aucun cas ils ne répondent à la question du rajeunissement. On ne peut donc que parler tout au plus d'un rôle préventif, mais rappelons que l'essentiel est de « bien se nourrir pour être en forme et le rester longtemps ».

Publié le 18 Juin 2001
Auteurs : Rédaction E-sante.fr