Shampoings, parfums : les composés chimiques à l’origine d’une puberté précoce chez les filles

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Une exposition in utero aux perturbateurs endocriniens contenus dans les produits classiques d’hygiène et de soins pourrait être impliquée dans la survenue d’une puberté précoce chez les filles.

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Parabènes, phtalates, phénols, triclosan… quel rôle jouent ces composés chimiques présents dans les cosmétiques et produits d’hygiène sur la santé des enfants et des adolescents ? Des chercheurs en sciences environnementales et en santé de l’enfant de plusieurs universités américaines, dont l’université de Berkeley, publient une étude qui démontre l’existence d’un lien entre l’exposition à ces substances et la survenue d’une puberté précoce chez les filles. Les travaux sont en ligne sur le site de la revue Human Reproduction depuis le 4 décembre 2018.

Règles à 10 ans et poils pubiens à 9 ans

Pour mener ces recherches, les scientifiques ont analysé les données de 338 enfants californiens, données collectées de leur vie in utero jusqu’à leur adolescence, dans le cadre d’une cohorte d’étude pour le Center for the Health Assessment of Mothers and Children of Salinas (CHAMACOS). Ils ont commencé leurs travaux avant la naissance de ces enfants, en testant les urines des femmes enceintes et en les questionnant sur leur potentielle exposition à des produits chimiques. Ils ont ensuite chiffré la quantité de composés chimiques dans les urines des enfants à l’âge de neuf ans et ont examiné ces jeunes participants pour repérer des signes éventuels de puberté tous les neufs mois entre leurs neuf ans et leurs 13 ans.

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Résultats :

  • Plus de 90% des urines des enfants contenaient des perturbateurs endocriniens, à savoir des parabènes, des phtalates et des phénols ;
  • 73% des urines de femmes enceintes et 69% des urines des enfants contenaient du triclosan, également perturbateur endocrinien et allergène ;
  • Chaque fois que la concentration en phtalates doublait dans l’urine des mères, leurs filles avaient des poils pubiens qui apparaissaient en moyenne 1,3 mois plus tôt. Et chaque fois que la concentration en triclosan dans l’urine des mères doublait, leurs filles commençaient à avoir leurs règles un mois plus tôt. Au total, la moitié des filles de l’étude avaient des poils pubiens à partir de 9,2 ans et avaient leurs premières règles à 10,3 ans. Deux caractéristiques identifiées comme étant des signes de puberté précoce ;
  • Côté garçon, la survenue de la puberté ne semblait pas être liée à une exposition prénatale à ces produits chimiques.

Réduire son exposition pendant la grossesse

"Ces résultats s’ajoutent aux preuves grandissantes d’études menées en laboratoire qui suggèrent que ces produits chimiques peuvent perturber ou interférer avec les hormones naturels du corps humain comme les œstrogènes" s’inquiète la docteure Kim Harley, co-autrice de l’étude, dans un communiqué de l’agence Reuters. La bonne nouvelle, selon cette spécialiste, est que les femmes peuvent réduire leur exposition à ces composés chimiques en choisissant les bons produits, notamment pendant leur grossesse.

Gare à bien lire les étiquettes donc, notamment celle des dentifrices qui peuvent contenir du triclosan, mais aussi aux savons, aux gels douches, au maquillage, aux shampoings, aux déodorants et aux parfums qui sont susceptibles de contenir des parabènes, des phénols et/ou des phtalates.

Publié le 06 Décembre 2018
Auteur(s) : Laurène Levy, journaliste santé
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