Seins : de nouveaux implants mammaires accusés de favoriser le cancer

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Le docteur Christian Marinetti accuse les prothèses mammaires texturées Biocell de la marque Allergan de provoquer des lymphomes. Ce chirurgien-plasticien avait déjà lancé l’alerte sur les implants PIP. 

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Vers un nouveau scandale pour les prothèses mammaires ? Au micro de France Info le 27 septembre 2018, le docteur Christian Marinetti - déjà à l’origine de l’alerte sur les prothèses PIP - dénonce le risque de cancer lié à certaines prothèses Allergan, leader américain du marché. Les modèles mis en cause par le chirurgien-plasticien sont les implants mammaires texturés Biocell Allergan. Ceux-ci favoriseraient l’apparition d’un lymphome anaplasique à grande cellule, un cancer qui affecte les ganglions lymphatiques.

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Texture granuleuse des prothèses et lymphome

Le médecin fonde ses accusations sur un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) publié en juillet 2018. Ce dernier fait état de 50 cas de lymphome depuis 2011 chez des femmes presque toutes porteuses d’une prothèse Biocell. Ce type de prothèse est texturé : il présente un aspect granuleux en surface, ce qui augmente son adhérence. C’est cette texture qui pourrait être à l’origine des cas de cancer.

"Ne pas s’affoler, ne pas retirer ces implants"

Mais le docteur Marinetti se veut rassurant : "Comme pour un médicament, les prothèses ont des effets secondaires. Celui-là est grave, mais rare." souligne-t-il auprès de France Info. Il recommande donc "de ne pas s'affoler, de ne pas retirer ces implants aux femmes qui en porteraient, mais de les surveiller" et de ne pas bannir pour autant les Biocell des blocs opératoires. En effet, la prothèse Biocell est largement utilisée pour des chirurgies réparatrices après un cancer du sein. "Elle a permis à des tas de femmes qui ont eu un cancer du sein, qui ont été amputées du sein, de retrouver une apparence physique normale" note le docteur Marinetti qui relève que ce sera à chaque chirurgien "d'évaluer sur le terrain quels sont les avantages ou les inconvénients d'utiliser tel ou tel type d'implant dans l'intérêt du patient".

Attendre les recommandations des autorités sanitaires

De son côté, l’entreprise Allergan France s’est défendu : "Nos prothèses sont marquées, donc facilement identifiables lorsqu'on les retire, et donc plus traçables, c’est aussi pour cela que nos prothèses sont le plus citées dans ces cas de cancers" a expliqué à France Info Francis Lemoine, président d’Allergan France. Les autorités sanitaires devraient émettre leurs recommandations vis-à-vis des prothèses mammaires d’ici la fin du mois de novembre 2018. Francis Lemoine a affirmé qu’Allergan "[se conformera] évidemment aux recommandations des autorités sanitaires" mais rappelle que, contrairement à l’affaire PIP, il n’est ici pas question de fraude. En mars 2010, le scandale PIP éclate : l'Agence de sécurité sanitaire (Afssaps, aujourd’hui Ansm) annonce le retrait du marché des implants mammaires PIP. En cause : des taux de ruptures des prothèses anormaux et l'utilisation d'un gel différent de celui déclaré lors de la mise sur le marché. Une fraude suspectée d’être liée à des cas de cancer.

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