Schizophrénie : une étude explore le rôle des globules blancs

Publié par Freya Yophy
le 23/10/2026
Schizophrénie
Istock
Publiée le 11 mai 2026 dans la revue PNAS, une étude de Stanford apporte de nouveaux éléments sur les liens entre immunité et schizophrénie. Elle s’intéresse aux neutrophiles, des globules blancs capables de produire une protéine impliquée dans des mécanismes associés à la maladie. Voici ce que ces résultats permettent réellement de conclure.

Des cellules immunitaires au cœur des recherches

La schizophrénie est une maladie complexe, dont le développement implique des facteurs génétiques et environnementaux. Ses manifestations ne se limitent pas aux hallucinations et aux idées délirantes : des difficultés de concentration, de mémoire ou de motivation peuvent également affecter le quotidien.

L’équipe d’Agnieszka Kalinowski et d’Alexander E. Urban s’est intéressée à la protéine C4, qui participe au système du complément, un ensemble de protéines intervenant dans les défenses immunitaires.

En associant des données d’expression génétique à des analyses sanguines, les chercheurs ont mis en évidence cette protéine dans les neutrophiles et les monocytes. Le foie n’en constitue donc pas l’unique source.

Une association génétique, pas une preuve de toxicité

L’analyse consacrée aux neutrophiles portait sur 15 personnes atteintes de schizophrénie et 21 témoins. Chez les patients, les chercheurs ont observé une association entre le nombre de copies du gène C4A et la quantité de protéine C4 présente dans ces cellules.

Une précision compte : les mesures protéiques concernaient C4 dans son ensemble, sans distinguer directement ses formes C4A et C4B.

Les résultats ne montrent pas davantage de C4 totale dans le plasma des patients. Les auteurs envisagent notamment qu’une partie de la protéine soit utilisée dans des processus d’activation immunitaire. Cette interprétation reste à confirmer, tout comme le rôle exact de ces cellules dans la maladie.

Quel lien avec les connexions entre les neurones ?

L’intérêt pour C4A ne date pas de cette publication. Des travaux antérieurs ont associé certaines variations génétiques favorisant son expression à un risque accru de schizophrénie.

Le complément participe aussi à l’élagage synaptique, un processus normal de remodelage des connexions entre les neurones. Des recherches expérimentales suggèrent qu’une activité excessive de certains de ses composants pourrait contribuer à une élimination trop importante de synapses.

Mais l’étude de Stanford ne démontre pas que la protéine produite dans le sang atteint le cerveau et y détruit des connexions. Elle ne mesure pas non plus une perte de 30 % des synapses provoquée par les neutrophiles. Le lien entre ces observations sanguines et les modifications cérébrales demeure une question de recherche.

Clozapine : ne pas confondre hypothèse et effet indésirable

Les chercheurs évoquent la clozapine, un antipsychotique notamment utilisé lorsque d’autres traitements n’ont pas suffisamment fonctionné. Son influence sur les neutrophiles constitue une piste à explorer.

Cela ne prouve toutefois pas que la diminution de ces cellules explique son efficacité. L’agranulocytose, une baisse majeure des neutrophiles, expose à des infections graves et impose une surveillance médicale.

Les contrôles sanguins prescrits restent indispensables. Sous clozapine, une fièvre, un mal de gorge ou d’autres signes d’infection doivent conduire à contacter immédiatement le médecin. Il ne faut pas modifier son traitement sur la base de cette découverte.

Des perspectives, mais aucun test sanguin validé par cette étude

À terme, l’analyse des cellules immunitaires pourrait contribuer à identifier des marqueurs utiles, en complément de l’évaluation clinique. Les chercheurs envisagent également de cibler certains mécanismes immunitaires en dehors du cerveau.

Ces possibilités restent expérimentales : l’étude ne valide ni un outil de dépistage ni un traitement destiné à bloquer les neutrophiles.

Aujourd’hui, la prise en charge repose toujours sur une évaluation psychiatrique, des traitements adaptés et un accompagnement psychologique et social. L’objectif reste de réduire les symptômes, prévenir les rechutes et soutenir le rétablissement.

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